Plus de trois heures de retard à destination, puis plusieurs mois de démarches judiciaires : deux voyageurs ont obtenu la condamnation de Royal Air Maroc devant le tribunal de proximité de Villeurbanne. Dans un jugement rendu le 2 septembre 2026, la compagnie nationale doit leur verser 800 euros d’indemnisation et 450 euros au titre des frais de procédure, auxquels s’ajoutent les dépens.
Les passagers avaient réservé un trajet Lyon–Agadir avec une correspondance à Casablanca, sur les vols AT721 et AT341. Leur arrivée était prévue le 29 janvier 2025 à 23h55. Ils ont finalement rejoint leur destination avec un retard supérieur à trois heures.
Saisi le 31 juillet 2025, le tribunal a examiné leur demande fondée sur le règlement européen relatif aux droits des passagers aériens. Le départ depuis un aéroport de l’Union européenne permettait son application à ce voyage effectué par la compagnie marocaine. Pour la distance retenue, soit 2 124 kilomètres, l’indemnité s’élevait à 400 euros par personne.
Royal Air Maroc, qui avait accusé réception de sa convocation, n’était ni présente ni représentée à l’audience. Cette absence n’entraînait toutefois pas une condamnation automatique : le juge devait vérifier le bien-fondé des réclamations.
Les voyageurs ont présenté leur réservation confirmée. La compagnie n’a, de son côté, apporté aucun élément établissant un retard inférieur à trois heures ou des circonstances extraordinaires susceptibles de l’exonérer.
Le tribunal n’a cependant pas accepté toutes les demandes. Les 600 euros supplémentaires réclamés pour résistance abusive ont été rejetés, faute de mauvaise foi suffisamment caractérisée. Sur les 2 000 euros sollicités pour les frais de justice, seuls 450 euros ont été accordés.
Cette décision rappelle que les droits des voyageurs peuvent être reconnus en justice, tout en soulignant que chaque demande de réparation doit être justifiée.












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