En l’absence de chiffres officiels sur le bilan de l’opération Marhaba 2026, il faut, pour l’heure, se contenter d’indicateurs et d’estimations qui permettent néanmoins de dégager certaines tendances.
L’été 2026 semble, en effet, loin de connaître le même afflux de Marocains résidant à l’étranger (MRE) que lors des précédentes saisons estivales. Selon plusieurs observateurs, les arrivées enregistreraient un retard significatif, se traduisant par un manque de plusieurs centaines de milliers de voyageurs par rapport aux années les plus fastes. Une situation qui s’expliquerait par une accumulation de contraintes ayant conduit de nombreuses familles à reporter, voire à annuler, leur projet de vacances au Maroc.
Parmi les principaux facteurs avancés figurent la hausse du prix des carburants, le coût élevé des traversées maritimes, les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les flux de transport, ainsi que les nouvelles procédures mises en place aux frontières, qui allongent sensiblement les temps d’attente. À cela s’ajoutent les épisodes de canicule qui frappent le sud de l’Europe, compliquant les longs trajets routiers, ainsi que certaines formalités administratives et douanières jugées plus contraignantes par de nombreux voyageurs.
La combinaison de ces différents éléments pourrait expliquer ce ralentissement observé cette année. Si aucune mesure n’est prise pour simplifier les procédures, réduire les coûts du voyage et améliorer les conditions d’accueil, cette tendance risque de s’installer durablement. D’autant que les nouvelles générations de Marocains établis à l’étranger entretiennent un rapport différent avec le pays d’origine de leurs parents. Pour beaucoup d’entre elles, les vacances au Maroc ne constituent plus une destination systématique et doivent désormais rivaliser avec une offre touristique variée, notamment dans le sud de l’Europe.
Au sein de la diaspora, les discussions familiales témoignent de cette évolution des habitudes. Le séjour estival au Maroc n’est plus considéré comme une évidence annuelle, mais comme une option parmi d’autres. Les attaches affectives demeurent fortes, mais elles ne suffisent plus toujours à compenser les contraintes logistiques et financières. Les temps changent, les mentalités évoluent, et le Royaume devra sans doute adapter sa stratégie d’accueil s’il souhaite préserver le lien privilégié qui l’unit à ses citoyens établis à l’étranger.
Par Jalil Nouri



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