La justice a décidé de sévir face à la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux. Le parquet près le tribunal de première instance de Taounate a ordonné, ce jeudi, le placement en détention préventive d’une activiste âgée de 30 ans, poursuivie pour avoir diffusé un contenu mensonger au sujet de prétendues agressions sexuelles visant des élèves mineures pensionnaires d’une maison de l’étudiante à Karia Ba Mohamed, dans la province de Taounate.
La mise en cause a été déférée, en état d’arrestation, devant le parquet compétent par les services de la police judiciaire relevant du commissariat de Karia Ba Mohamed. À l’issue des investigations menées dans cette affaire, le ministère public a décidé son incarcération à la prison locale de Taounate et sa comparution immédiate, jeudi prochain, devant la chambre correctionnelle chargée des affaires de flagrant délit.
L’affaire a éclaté après la publication, sur le compte Instagram de la jeune femme, connu sous le nom de « Coin Sympathique », d’une vidéo affirmant que quatorze élèves pensionnaires auraient été victimes d’agressions sexuelles. Très rapidement, la séquence a suscité une vive émotion, provoquant colère, inquiétude et indignation au sein de la population locale, avant d’être supprimée par son auteure.
Selon les éléments rapportés dans le cadre de cette affaire, les allégations diffusées se sont révélées dénuées de fondement. La mise en cause, originaire de la province de Taounate et résidant à Casablanca, a par la suite publié une nouvelle vidéo dans laquelle elle présentait ses excuses à l’établissement concerné, reconnaissant avoir relayé des informations qui relevaient de la rumeur.
Les services de police ont également entendu plusieurs autres personnes ayant publié des messages similaires sur les réseaux sociaux, évoquant les mêmes accusations contre la maison de l’étudiante de Karia Ba Mohamed. Les investigations ont confirmé que ces informations ne reposaient sur aucun élément avéré.
Cette affaire relance, une nouvelle fois, le débat sur la responsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux face à la diffusion de contenus sensibles. Car si la liberté d’expression demeure un droit fondamental, elle ne saurait servir de prétexte à la propagation de rumeurs susceptibles de porter atteinte à la réputation d’institutions, de semer la panique dans l’opinion publique ou de mettre en cause, sans preuve, des personnes et des structures éducatives.
À travers cette poursuite, les autorités judiciaires entendent rappeler que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit et que toute accusation grave, notamment lorsqu’elle concerne des mineurs, doit être maniée avec une extrême prudence et reposer sur des faits établis.












Contactez Nous