Il faudra bien se rassurer après le veto russe au projet de résolution mis sur la table par les États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU pour faire avancer le processus de règlement du conflit.
Le Maroc garde toutes les cartes en main en laissant à l’Algérie quelques heures de répit pour claironner une victoire qui est loin d’en être une, avant de relancer la dynamique jamais arrêtée de mobilisation d’un maximum de pays autour du plan d’autonomie dans ses provinces du Sud. C’est fort de sa position et de son alliance sans faille avec les États-Unis que le Roi Mohammed VI pourra continuer à défendre la marocanité du Sahara pour qu’elle constitue le prisme sur lequel se base désormais toute la diplomatie marocaine pour ses relations avec les États.
Diplomatiquement, avec ce qui se présente comme un virage pris dans sa neutralité, la volte-face de la Russie et son veto à la proposition américaine visant à dénouer les derniers fils retardant la conclusion d’un accord définitif, Moscou prend le risque de voir le Maroc prendre ses distances avec elle, revoir le vieux partenariat qu’ils ont construit ensemble sur des bases saines et qu’elle vient d’annihiler pour faire plaisir à l’Algérie, d’un trait, à New York.
La première mesure de rétorsion marocaine est évidente avec la révision des accords de pêche maritime qui permettent aux bateaux russes de s’enrichir des ressources en mer marocaine, car il faut appeler les choses par leur nom : il s’agit bien d’une trahison de la part de Moscou. Son chef de la diplomatie recevait, pas plus tard que cette semaine, son homologue marocain sans lui donner la moindre impression d’un revirement de la part de son pays, d’autant plus que son président, Poutine, accueillait chaleureusement, au même moment, la cheffe du gouvernement marocain, Mansouri, la félicitait pour sa nomination en souhaitant que leurs deux pays aillent plus loin dans leurs relations exemplaires et fructueuses.
Le Maroc retiendra la leçon de ce geste inamical qui causera du retard dans la conclusion d’une paix durable, mais compromet inévitablement une plus grande présence russe au Maghreb en lui faisant perdre de nombreux avantages essentiels du côté du Maroc, l’Algérie n’offrant plus que l’achat d’armement à profusion. Parallèlement, il ne pourra se rabattre, pour faire avancer le dossier, que sur la Chine, comme autre puissance restante et hésitante.



Contactez Nous