Les Etats-Unis ont voté contre le projet de résolution présenté par la Russie au Conseil de sécurité sur le Sahara marocain, vendredi, en réponse à l’opposition de Moscou au texte américain lors de la même séance. Aucun des deux projets n’a été adopté, en raison des désaccords sur l’avenir de la MINURSO et sur la référence politique des négociations.
Le projet russe a obtenu 3 voix pour, contre l’opposition des Etats-Unis et 11 abstentions. Il n’a donc pas atteint le minimum requis de 9 voix, ce qui suffisait à empêcher son adoption, indépendamment du vote négatif d’un membre permanent. Ce vote est intervenu après le veto de la Russie contre le texte américain, qui avait pourtant le soutien de 11 membres et 3 abstentions.
La Russie proposait de prolonger d’un an le mandat de la MINURSO, jusqu’au 31 octobre 2027, avec son nom et ses missions actuels. Le texte américain prévoyait de revoir le nom et la structure de la mission, et de lier l’avenir de son mandat aux progrès du processus politique. Il la rebaptisait « Mission des Nations unies au Sahara occidental » (MINUSO) à partir du 1er novembre 2026, et chargeait le secrétaire général de présenter, avant le 30 janvier 2027, un plan sur sa structure et ses ressources humaines, incluant le redéploiement des personnels et des sites, la surveillance du cessez-le-feu et le soutien aux négociations. Il faisait aussi du plan d’autonomie marocain élargi et actualisé l’unique base des discussions, une autonomie réelle sous souveraineté marocaine étant jugée la solution la plus réalisable.
Le veto russe a été critiqué par l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz. Selon lui, s’opposer au changement de nom de la MINURSO reflète un attachement à l’option du référendum, alors que d’anciens responsables onusiens reconnaissaient depuis des décennies la difficulté de l’organiser. Il s’est étonné qu’on utilise un veto pour conserver la lettre « R » du nom anglais de la mission, qui renvoie au référendum. Il a rappelé que l’ONU avait déjà constaté l’échec de cette voie, citant des rapports et positions des années 1990, dont la suspension de l’identification des électeurs en 1996 en raison de désaccords entre les parties. Il s’est appuyé sur les évaluations d’anciens secrétaires généraux, de Boutros Boutros-Ghali à Kofi Annan, ainsi que sur les conclusions de l’ancien envoyé personnel James Baker, qui montrent, selon sa lecture, que les chances d’appliquer le plan initial ont reculé.
Waltz a affirmé que Washington soutient le principe d’autodétermination, dont l’expression de la volonté des habitants peut selon lui passer par plusieurs formules politiques, et que le texte américain visait à passer à un règlement concret après des décennies d’impasse. Il a lié la position de son pays à la situation humanitaire dans les camps de Tindouf, mettant en garde contre la souffrance de générations de Sahraouis nés et élevés dans les camps, et citant des chiffres qu’il attribue à des rapports onusiens sur l’anémie, le retard de croissance et la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. Il a estimé que le blocage du texte retardait la perspective d’un règlement, en rappelant que Washington avait mené trois cycles de discussions de haut niveau avec les parties, sur l’autonomie, la représentation politique, les garanties constitutionnelles et sécuritaires, le partage des ressources et les arrangements de transition. Les Etats-Unis, a-t-il dit, n’ont pas l’intention de soutenir le maintien du statu quo.
Après l’échec des deux projets, le Conseil n’a pas pu adopter de nouvelle résolution sur le mandat de la MINURSO. Ses membres devront poursuivre les consultations pour trouver une formule qui obtienne les voix nécessaires, sans l’opposition d’un membre permanent. Le désaccord entre Washington et Moscou porte toujours sur la nature du mandat de l’ONU et sur les bases politiques des négociations.












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