La Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, jeudi 15 octobre à New York, son texte annuel sur la question du Sahara par 152 voix pour, deux contre et sept abstentions. Le Maroc a soutenu cette résolution, dont l’intérêt politique réside notamment, pour Rabat, dans la prise en compte de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025.
Ce résultat intervient dans une séquence importante pour la diplomatie marocaine. Le Royaume entend consolider la place de son initiative d’autonomie dans le processus de règlement et faire progresser les discussions vers les modalités concrètes d’une solution sous souveraineté marocaine.
Présenté par le président sénégalais de la Commission, le texte a exceptionnellement été soumis au vote à la demande des États-Unis. Depuis 2006, son adoption intervenait traditionnellement sans scrutin. Selon les précisions rapportées, cette démarche américaine concernait l’ensemble des projets examinés par la Commission et ne constituait donc pas une initiative visant spécifiquement le Sahara.
Pour Rabat, l’essentiel se situe dans la continuité entre les travaux de la Commission et les orientations du Conseil de sécurité. La diplomatie marocaine considère la résolution 2797 comme une étape déterminante dans la reconnaissance de l’autonomie comme base du règlement. Sa prise en compte dans cette nouvelle séquence onusienne représente, à ses yeux, un acquis à faire fructifier.
Cette lecture avait été développée par Omar Hilale, mardi 13 octobre, devant la Quatrième Commission, soit deux jours avant le vote. Le représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies avait décrit une « inflexion majeure », faisant passer le dossier « de la logique de sa gestion à celle de son règlement ». Une manière de souligner que l’objectif doit désormais être de rapprocher les parties d’un accord, après des décennies de blocage.
Selon les déclarations d’Omar Hilale, les rencontres de Washington et de Madrid ont permis au Royaume de présenter un cadre d’autonomie développé, détaillant les compétences de ses institutions exécutives, législatives et judiciaires. Cette démarche vise à donner une traduction institutionnelle à la proposition marocaine et à faire porter les négociations sur son fonctionnement concret.
Le texte adopté soutient la poursuite du processus politique sous les auspices du secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel. Il réaffirme la recherche d’une solution réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable, ainsi que la nécessité d’un engagement de bonne foi dans les négociations.
La portée du scrutin mérite toutefois d’être précisément définie. Les 152 voix favorables constituent un soutien au texte dans son ensemble ; elles ne peuvent être assimilées automatiquement à autant de reconnaissances individuelles de la souveraineté marocaine. Cette adoption en Commission ne tranche pas, à elle seule, le statut définitif du territoire.
L’avancée pour le Maroc se mesure donc surtout à sa capacité à inscrire sa proposition dans la durée et à en préciser les mécanismes. Une initiative diplomatique gagne en force lorsqu’elle apporte des réponses aux questions de gouvernance, de représentation et de répartition des compétences. Le cadre développé présenté par Rabat vise précisément à démontrer qu’une issue négociée peut dépasser les déclarations de principe.
La prochaine étape exigera néanmoins un engagement effectif de toutes les parties concernées, y compris l’Algérie. Aucun progrès durable ne pourra résulter d’un dialogue dans lequel les responsabilités resteraient diluées ou les positions figées.
Pour le Royaume, l’enjeu consiste désormais à transformer ses acquis diplomatiques en mouvement politique. Un règlement ouvrirait des perspectives qui dépassent le seul dossier territorial : stabilité régionale, coopération économique et rapprochement entre les peuples du Maghreb. La valeur d’une percée diplomatique se mesurera finalement à sa capacité à rendre cette perspective réalisable.



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