Il ne reste plus qu’à en fixer la date, car le principe est désormais retenu de la visite du roi Felipe VI d’Espagne et de la reine Letizia dans les deux enclaves espagnoles en territoire marocain de Sebta (Ceuta) et Melilia, pour apporter soutien et réconfort.
Mais ce déplacement officiel n’a rien d’humanitaire ou de social après l’assaut de milliers de candidats à l’immigration illégale. Il revêt plutôt une dimension politique de renforcement du statut espagnol des deux villes, vivant essentiellement du commerce hors taxes avec les Marocains, et ce face à la détermination du Maroc à récupérer les deux villes.
Sauf qu’une telle double visite a déjà causé de grands dommages par le passé aux relations de l’Espagne avec le Maroc, à la suite du déplacement du précédent roi Juan Carlos.
C’était les 5 et 6 novembre 2007 et ce voyage avait été considéré par le Maroc comme un affront violant le statu quo régnant autour des deux enclaves, qu’aucun monarque espagnol n’avait visitées depuis 74 ans, bien que Juan Carlos se présentât comme un grand ami du Maroc.
Aujourd’hui, le contexte a bien changé, car les actuelles monarchies s’estiment et se respectent à distance, avec des liens a minima et sans trop de signaux chaleureux.
Pressé de ramener la température à un niveau bas et contrôlable devant la poussée dangereuse de l’extrême droite dans son pays, le roi Felipe VI se sent dans l’obligation de se rendre dans une destination voisine en ébullition, où la population s’exaspère face aux mouvements d’assauts réguliers à la frontière de migrants illégaux, au point de se sentir abandonnée à son triste sort par Madrid et sans sécurité.
C’est pour calmer ces inquiétudes et ramener une certaine normalité dans les enclaves que le gouvernement socialiste a incité le roi Felipe VI à s’y rendre, afin de couper l’herbe sous les pieds de la droite et de son extrême, Vox, après en avoir fait une priorité.
Comme cela avait été le cas en 2007, une telle visite pourrait frôler la rupture diplomatique, mais cette fois-ci dans un nouveau contexte de rivalité exacerbée.



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