La chambre criminelle de première instance de la cour d’appel de Tanger a condamné, aux premières heures de ce vendredi 23 octobre, Ahmed Zegaf, vice-président de l’arrondissement de Mghogha et élu du Rassemblement national des indépendants, à sept ans de prison ferme. Ce jugement intervient après environ quinze mois de détention, dans un dossier portant sur des accusations liées à des opérations foncières.
La décision a été prononcée au terme d’une longue audience consacrée à la poursuite de l’examen de l’affaire, à l’interrogatoire de l’accusé et aux interventions du ministère public et de la partie civile. Le juge d’instruction avait achevé ses auditions à la mi-décembre 2025.
Parmi les accusations rapportées figurent la falsification d’une attestation administrative, le faux et l’usage de faux dans des documents officiels, ainsi que l’utilisation de contrats annulés pour s’approprier des terrains appartenant à autrui. Les comptes rendus disponibles ne détaillent toutefois pas l’ensemble des qualifications finalement retenues par le tribunal, ni les éventuelles réparations civiles.
Ce dossier s’inscrit dans un ensemble plus large de litiges immobiliers ayant placé l’élu sous le regard des enquêteurs. Lors de son placement en détention, en juillet 2025, plusieurs plaintes faisaient notamment état de lotissements clandestins présumés et d’empiétements sur des propriétés privées. Une vingtaine d’affaires ou de plaintes étaient alors évoquées, sans qu’elles puissent être assimilées à autant de condamnations.
L’une des plaintes concernait un acquéreur affirmant avoir acheté une parcelle avant de découvrir qu’elle aurait également été vendue à une autre personne. Un autre différend portait sur un terrain d’environ 5 000 mètres carrés : l’élu était accusé d’y avoir vendu des lots malgré une contestation sur la propriété. Selon les informations publiées à l’époque, il aurait signé une renonciation concernant ce bien, avant de présenter de nouveaux documents pour en revendiquer des droits. Ces éléments relèvent des accusations rapportées au cours de la procédure.
La Brigade nationale de la police judiciaire était également intervenue dans les investigations en juillet 2025. Des acquéreurs et des intermédiaires avaient été entendus afin de retracer les transactions et les conditions d’établissement des documents. Les enquêteurs examinaient notamment des soupçons concernant des terrains présentés comme relevant du domaine forestier ou de terres collectives. Là encore, les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer que tous ces volets ont été tranchés par le jugement de ce vendredi.
Cette condamnation constitue une étape majeure dans une affaire où se croisent responsabilité élective, activité immobilière et protection des acquéreurs. Prononcée en première instance, elle reste susceptible d’appel. Les suites judiciaires permettront de préciser le devenir du dossier et les responsabilités définitivement établies.












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