La chambre criminelle de première instance de la cour d’appel de Tanger a rendu son verdict ce jeudi dans l’une des affaires les plus bouleversantes qu’ait connues l’opinion publique locale ces derniers mois. Deux femmes ont été condamnées chacune à deux ans de prison ferme pour leur implication dans la mort d’un nourrisson survenue au sein d’une crèche de la ville.
Les deux prévenues, poursuivies en état de détention, ont été reconnues coupables d’exposition d’un enfant sans défense au danger et d’abandon sans surveillance ayant entraîné la mort, de non-dénonciation d’un crime, de gestion d’un établissement de garde d’enfants sans autorisation légale, ainsi que d’absence d’assurance au profit des enfants inscrits.
Au fil des audiences, il est apparu que la crèche fonctionnait dans des conditions irrégulières. La directrice a elle-même reconnu ne pas disposer d’agrément officiel, se contentant d’une autorisation provisoire délivrée par un agent d’autorité dans l’attente de l’accomplissement des formalités administratives. Elle a également indiqué que le drame s’était produit lors d’une période de relève entre deux employées, créant ainsi un vide de surveillance au sein de l’établissement.
Les investigations ont révélé que les faits avaient été commis par une fillette de 8 ans qui avait réussi à quitter une salle de cours coranique sans être remarquée, avant de pénétrer dans le dortoir des nourrissons où elle s’en était prise à la victime, lui causant une hémorragie interne mortelle. La responsable de la crèche a affirmé n’avoir pris conscience de la gravité des événements qu’après visionnage des enregistrements des caméras de surveillance, tandis que la seconde employée a contesté toute responsabilité directe, soutenant que ses attributions se limitaient à l’accompagnement des enfants et à la remise des nourrissons à leurs parents.
La défense de la famille de la victime a dénoncé une négligence grave et une tentative de dissimulation des circonstances réelles du drame, rappelant que la famille n’avait été informée des détails de l’affaire qu’après un délai considérable, et réclamant un alourdissement des peines prononcées.












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