n étang pour abreuver du bétail, une dispute, puis des tirs : dans la zone de Koula, au Tchad, un différend local a dégénéré en affrontements intercommunautaires. Le dernier bilan retrouvé dans les informations disponibles au 2 novembre reste d’au moins 25 morts et 22 blessés. Les violences ont éclaté vendredi 30 octobre, à la limite des provinces du Hadjer-Lamis et du Bahr El-Ghazal.
Selon le récit d’un député local, un éleveur de la communauté Kreda était venu faire boire son troupeau lorsqu’une altercation l’a opposé à un agriculteur de la communauté Kouka. L’éleveur aurait alors sorti une arme et blessé son interlocuteur au pied. L’incident aurait déclenché une confrontation armée entre les deux communautés. Les blessés ont été transportés à l’hôpital de Ngoura. Les circonstances précises et les responsabilités individuelles restent à établir par la justice.
Ce drame illustre un mécanisme redoutable : lorsque l’accès à une ressource indispensable devient conflictuel, la présence d’armes transforme une querelle en tuerie. Le politologue Yamingué Betinbaye souligne le rôle des armes de guerre détenues par des civils, qui accélèrent l’escalade et aggravent les pertes humaines. Le chercheur Bourdjolbo Tchoubida évoque également les liens entre certains propriétaires de troupeaux et des responsables administratifs ou militaires, dont les bouviers seraient armés. Ces observations générales ne permettent toutefois pas d’attribuer de telles connexions aux protagonistes de Koula.
Les téléphones portables facilitent aussi la mobilisation rapide de renforts : des proches peuvent rejoindre les lieux à moto depuis des localités éloignées. Ainsi, un conflit initialement limité peut prendre une dimension collective avant même l’intervention des autorités.
Les forces de sécurité sont intervenues et la situation était présentée comme maîtrisée. Trente-neuf personnes ont été interpellées et transférées à N’Djamena pour les besoins de la procédure judiciaire. Une délégation gouvernementale s’est rendue sur place samedi 31 octobre pour soutenir le retour au calme et le dialogue.
Mais prévenir la répétition de ces violences exige davantage qu’un déploiement après les affrontements. Le déficit de pluies rapporté cette année accentue la concurrence autour des réserves disponibles. Les spécialistes plaident pour une stratégie nationale de médiation capable d’anticiper les tensions. Clarifier les règles de partage des points d’eau, organiser la concertation locale et combattre la circulation des armes apparaissent comme des leviers complémentaires. Car la rareté peut nourrir les conflits ; elle ne suffit pas, à elle seule, à expliquer leur basculement dans une violence aussi meurtrière.












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