Il s’agit certainement de l’un des démantèlements de cellule terroriste les plus importants menés par les services de sécurité marocains depuis le début des années 2000, à l’époque où le Royaume faisait face à la première vague d’attentats perpétrés par des groupes extrémistes implantés sur son territoire.
Le mode opératoire élaboré par les dix membres interpellés à ce stade de l’enquête, l’ampleur du plan de déstabilisation visant à semer la terreur et à frapper des sites stratégiques, l’impressionnant stock d’armes et d’explosifs découvert, les plans détaillés des cibles destinées à être frappées par des attentats-suicides, la dispersion des membres de cette cellule dans plusieurs villes du Royaume, ainsi que les produits chimiques saisis en attente d’utilisation, tout laisse penser que le Maroc aurait pu replonger dans une période particulièrement sombre. Une menace d’une gravité exceptionnelle contre laquelle le Royaume lutte sans relâche depuis les années noires du début de ce siècle.
Le cerveau de cette cellule, animé d’un esprit de revanche après avoir déjà purgé une peine de prison pour des faits liés au terrorisme et ayant prêté allégeance à Daech, aurait préparé avec minutie son plan d’action pendant une longue période. Il comptait s’appuyer sur plusieurs recrues, dont un mineur, qui devait servir de paravent à une ou plusieurs opérations suicidaires afin de brouiller les pistes. Les investigations ont également établi que le chef de cette cellule entretenait des contacts étroits avec des responsables de l’organisation terroriste basés dans la région sahélienne, d’où il recevait des instructions et des directives opérationnelles.
L’opération menée par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) s’est, une nouvelle fois, distinguée par son efficacité et son professionnalisme. Conduite avec une remarquable maîtrise, elle illustre la capacité des services de sécurité marocains à anticiper les menaces, à recueillir des renseignements de haute précision et à neutraliser les projets terroristes avant leur passage à l’acte. Une démonstration supplémentaire de la vigilance constante des autorités marocaines face à un danger qui demeure présent et en constante mutation.
Par Jalil Nouri












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