La Tunisie quitte pratiquement la Coupe du monde 2026 par la petite porte. Opposés au Japon dans un match déjà décisif, les Aigles de Carthage ont subi une nouvelle correction sévère (0-4), quelques jours seulement après la lourde défaite encaissée face à la Suède (5-1). Deux rencontres, neuf buts encaissés, un seul marqué : le constat est implacable.
À Monterrey, les Japonais n’ont laissé aucune chance à une sélection tunisienne totalement dépassée. Daichi Kamada a ouvert le score dès les premières minutes avant qu’Ayase Ueda ne s’offre un doublé. Junya Ito a également participé à la démonstration des « Samurai Blue », auteurs d’une prestation remarquable de maîtrise technique, d’intensité et d’efficacité.
Du côté de la presse tunisienne, les commentaires sont particulièrement sévères. Plusieurs médias évoquent une équipe sans repères, incapable de rivaliser physiquement ou tactiquement avec ses adversaires. Les observateurs dénoncent également une gestion chaotique de la sélection, marquée par le limogeage précipité de Sabri Lamouchi après le revers contre la Suède. Beaucoup estiment aujourd’hui que le mal est plus profond qu’un simple problème d’entraîneur.
Au Japon, la presse célèbre au contraire une sélection devenue l’une des références du football asiatique. Les médias nippons saluent la discipline collective, la qualité du pressing et la profondeur de banc d’une équipe qui confirme son ascension sur la scène mondiale.
La presse internationale partage largement cette analyse. Des médias britanniques, américains et arabes soulignent l’écart de niveau observé entre les deux équipes et considèrent le Japon comme un sérieux outsider pour la suite du tournoi. Plusieurs observateurs rappellent que les Japonais ont dominé malgré l’absence de certains cadres, preuve de la maturité atteinte par cette génération.
Reste une question qui agite désormais les débats : Hervé Renard aurait-il dû accepter cette mission ? Arrivé dans l’urgence après le licenciement de Sabri Lamouchi, le technicien français n’avait que quelques jours pour tenter de redresser une équipe déjà fragilisée psychologiquement et tactiquement.
Certes, Renard possède un palmarès africain impressionnant et une solide expérience des grands rendez-vous. Mais pouvait-il réellement transformer une sélection en crise en moins d’une semaine ? Beaucoup estiment aujourd’hui qu’il a hérité d’une mission presque impossible. Son arrivée n’a pas pu masquer les lacunes défensives, le manque de créativité offensive et les erreurs structurelles accumulées depuis plusieurs mois.
Au-delà de l’échec sportif, cette Coupe du monde pourrait marquer le début d’une profonde remise en question du football tunisien. Car lorsque l’on encaisse neuf buts en deux matchs, le problème dépasse largement le banc de touche.
Par M. Rouane



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