L’aventure de la Tunisie à la Coupe du monde 2026 s’est terminée sur une nouvelle déception. Battus 3-1 par les Pays-Bas lors de leur troisième et dernier match de groupe, les Aigles de Carthage quittent prématurément la compétition après un parcours cauchemardesque marqué par trois défaites, douze buts encaissés et une seule réalisation inscrite. Une élimination qui laisse un goût amer à tout un pays, tant les espoirs étaient élevés avant le tournoi.
Pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être, la Fédération tunisienne avait pris une décision radicale en limogeant Sabri Lamouchi après la lourde défaite inaugurale contre la Suède (5-1). Elle avait alors confié les rênes de la sélection au technicien français Hervé Renard, appelé en urgence pour tenter d’inverser une dynamique déjà très compromise. Malgré son immense expérience du football africain, le double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations n’a pas réussi à redresser une équipe profondément fragilisée.
À l’issue de l’élimination, Hervé Renard n’a pas cherché à masquer sa déception. Il a reconnu que la Tunisie n’avait « pas été à la hauteur de l’événement », qualifiant même la campagne mondiale de « catastrophique ». Selon lui, les difficultés ne relèvent pas uniquement du changement d’entraîneur, mais d’un problème plus profond qui nécessite une réflexion globale sur l’avenir du football tunisien.
Le technicien français a également laissé planer le doute sur son avenir. Arrivé dans le cadre d’une mission de courte durée pour terminer la Coupe du monde, il a indiqué que la Fédération tunisienne devra désormais analyser la situation et décider de la direction à prendre. De son côté, Renard affirme ne rien regretter d’avoir accepté ce défi, estimant qu’il « n’avait rien à perdre » en rejoignant une sélection déjà en grande difficulté.
Cette élimination met surtout en lumière les fragilités accumulées depuis plusieurs mois. Les changements successifs de sélectionneurs, les difficultés institutionnelles de la Fédération tunisienne, le manque de stabilité du projet sportif et certaines insuffisances dans le renouvellement de l’effectif ont fini par peser lourdement au plus haut niveau. La défense, notamment, a montré des signes inquiétants de fébrilité tout au long du tournoi.
Pour autant, plusieurs observateurs tunisiens refusent de sombrer dans le pessimisme. La sélection conserve un vivier de jeunes joueurs prometteurs capables de constituer l’ossature de la prochaine génération. À condition de retrouver de la stabilité, de redéfinir un projet technique cohérent et d’offrir davantage de continuité au staff, les Aigles de Carthage peuvent rapidement redevenir une nation compétitive sur la scène africaine.
La grande question est désormais de savoir si la Fédération tunisienne choisira de prolonger l’aventure avec Hervé Renard. Son expérience, sa connaissance du football africain et son palmarès plaident en sa faveur. Mais le technicien français lui-même a rappelé qu’aucune décision ne pouvait être prise à chaud et qu’une réflexion approfondie s’imposait avant d’engager un nouveau cycle.
Une chose est certaine : au-delà de l’échec sportif, cette Coupe du monde doit servir d’électrochoc. Plus qu’un simple changement d’entraîneur, c’est une véritable reconstruction qui attend désormais le football tunisien s’il souhaite retrouver sa place parmi les grandes nations africaines et redevenir un candidat crédible lors des prochaines compétitions internationales.
Par M. Rouane












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