Le chercheur marocain Adnane Remmal a été distingué, vendredi soir à Paris, parmi les trois lauréats du Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie. Ce prix récompense leurs contributions majeures à la recherche scientifique et à l’amélioration de la santé humaine.
Professeur à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, Adnane Remmal a été honoré pour ses travaux pionniers contre l’antibiorésistance, l’un des grands défis de santé publique dans le monde. Ses recherches ont abouti à l’OLIPEN, un antibiotique associé à un composant d’huile essentielle, approuvé pour un usage clinique et présenté comme une nouvelle piste thérapeutique pour les patients atteints d’infections multirésistantes au Maroc. Il a aussi développé des alternatives naturelles aux antibiotiques pour l’élevage, dans une approche qui vise à réduire leur usage et à favoriser une production alimentaire plus sûre et durable.
Dans une déclaration à la MAP, le chercheur a remercié l’UNESCO et la Guinée équatoriale et a décrit la résistance aux antimicrobiens comme « une menace silencieuse qui dépasse les frontières et compromet non seulement la santé publique, mais également le développement humain, la sécurité alimentaire et l’équité mondiale ». Selon lui, son approche, validée au Maroc, a déjà bénéficié à des centaines de milliers de patients. Elle consiste à restaurer l’efficacité des antibiotiques existants plutôt qu’à développer systématiquement de nouvelles molécules, en associant un antibiotique classique à une molécule naturelle jouant le rôle de « briseur de résistance ». Il ajoute que cette démarche réduit considérablement les coûts et les délais de développement, et pourrait donc être plus accessible aux systèmes de santé. Il a aussi salué la vision de S.M. le Roi Mohammed VI, qui accorde une place centrale au développement humain, à la souveraineté sanitaire et à l’excellence scientifique.
Le jury, présidé par la Marocaine Rajaâ Cherkaoui El Moursli, a également distingué la neuroscientifique chinoise Nancy Yuk-yu Ip, présidente de l’Université des sciences et technologies de Hong Kong, pour ses travaux sur le cerveau et la maladie d’Alzheimer, et l’Espagnol Carlos Martín Montañés, de l’Université de Saragosse, pour sa contribution à un vaccin vivant atténué contre la tuberculose. Rajaâ Cherkaoui El Moursli, physicienne nucléaire et professeure à l’Université Mohammed V de Rabat, s’est dite fière de voir le Maroc contribuer au rayonnement de la recherche et a estimé que l’Afrique regorge de talents à valoriser, en appelant à investir davantage dans la recherche et à renforcer les partenariats scientifiques Sud-Sud.
Pour sa dixième édition, le prix est doté de 300 000 dollars, partagés entre les trois lauréats, qui ont chacun reçu une statuette de l’artiste équato-guinéen Leandro Mbomio Nsue. La cérémonie s’est déroulée en présence notamment du directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany.












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