La Russie a utilisé son droit de veto, vendredi 30 octobre, pour empêcher le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter le projet de résolution présenté par les Etats-Unis sur le Sahara marocain, bien qu’il ait recueilli le Ssoutien de 11 membres. Le texte a obtenu 11 voix pour, 3 abstentions, celles de la Chine, du Pakistan et de la Somalie, et une voix contre, celle de Moscou. Le vote a eu lieu à New York, à la veille de l’expiration du mandat de la MINURSO, le 31 octobre. En ouverture de séance, la présidence du Conseil a autorisé le représentant de l’Algérie à participer aux débats, sur la base de l’article 37 du règlement intérieur provisoire, sans droit de vote.
Rédigé par les Etats-Unis, qui tiennent la plume sur ce dossier, le projet faisait du plan d’autonomie marocain élargi et actualisé l’unique base des discussions politiques, appelait les parties à s’engager de manière active et constructive dans les négociations à partir de cette proposition et jugeait une véritable autonomie sous souveraineté marocaine la solution la plus réalisable. Il affirmait aussi la nécessité d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément à la Charte de l’ONU, y compris le principe d’autodétermination. Il rappelait trois cycles de discussions tenus à Washington et à Madrid cette année, avec le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.
Pour la MINURSO, Washington proposait de prolonger son mandat jusqu’au 31 octobre 2027 et de la rebaptiser, à partir du 1er novembre 2026, « Mission des Nations unies au Sahara occidental » (MINUSO). Le texte chargeait le secrétaire général de présenter au Conseil, au plus tard le 30 janvier 2027, un plan détaillé sur l’avenir de la mission, avec des options pour restructurer les ressources humaines, réduire le nombre de militaires, fermer ou fusionner certains sites, et organiser la surveillance du cessez-le-feu, le déminage et le soutien aux négociations. Il ne prévoyait pas de transformation automatique en mission politique ni de date de fin des opérations de maintien de la paix : les décisions dépendaient des recommandations du secrétaire général et des progrès du processus politique.
Le projet demandait aussi à l’envoyé personnel du secrétaire général d’écouter diverses composantes sahraouies, y compris des personnes et des groupes qui ne participent pas directement aux négociations, dans le territoire, dans les camps de réfugiés et dans la diaspora. Il demandait enfin au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés d’achever en six mois l’enregistrement des réfugiés des camps de Tindouf, selon le droit international et ses normes, sans ingérence.
Le veto s’inscrit dans un désaccord entre Moscou et Washington sur la formule à adopter. La Russie avait fait circuler un projet concurrent proposant de prolonger la MINURSO d’un an, jusqu’au 31 octobre 2027, en gardant son nom et ses missions actuels. Les deux textes diffèrent surtout sur la référence politique des négociations et sur l’avenir de la présence onusienne : l’un consacre l’autonomie comme unique base et remanie le nom et la structure de la mission, l’autre maintient le cadre existant.
Il y a un an, la résolution 2797, qui avait fait de la proposition marocaine la base des négociations, avait été adoptée par 11 voix pour et 3 abstentions, celles de la Russie, de la Chine et du Pakistan. Cette fois, Moscou a voté contre au lieu de s’abstenir.












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