Il n’est pas dans les habitudes du chef de la diplomatie, Nasser Bourita, de se rendre à l’improviste dans un pays, quand bien même il s’agit d’un État voisin, en l’occurrence la Mauritanie, et d’en repartir après quelques heures seulement, en toute discrétion.
Sauf que le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger ne s’est pas contenté d’échanges bilatéraux avec son homologue mauritanien, mais a bel et bien été reçu par le président mauritanien Ould El Ghazouani. Nulle précision non plus, ni de la part du cabinet de cette présidence, ni des agences officielles des deux pays, ni de tout autre support médiatique, sur le contenu de ces discussions, ni sur un éventuel message du roi Mohammed VI au chef de l’État mauritanien.
Mais, au vu de l’actualité brûlante de ces derniers jours sur le dossier du Sahara, l’on ne peut qu’en déduire que cette visite intervient dans ce contexte et qu’elle est annonciatrice d’une régularité dans les contacts entre Rabat et Nouakchott, liées par des accords de coopération militaire, cette dernière étant concernée au plus haut point, de son côté aussi, par le départ précipité de la Minurso de la région et le nouveau contexte militaire qui en résulte. En d’autres termes, la Mauritanie est appelée à fournir plus d’efforts pour renforcer la sécurisation de ses frontières nord et est avec le Maroc, surtout que des incursions d’éléments séparatistes du Polisario ont été répertoriées et documentées à plusieurs reprises, faisant de cette frontière commune avec le Maroc le ventre mou de leur isolement.
En toute logique, et assumant seul la défense de ses frontières sud et est, le Maroc est désormais livré à lui-même et doit s’assurer de l’imperméabilité des frontières du voisin mauritanien, y compris en contribuant à un système de défense commun pour tarir les poches utilisées par les milices séparatistes afin de mener des opérations contre l’intégrité territoriale du Maroc dans cette bande frontalière séparant les deux pays.
Au vu des décisions urgentes à prendre en amont et en aval de ces risques, il semble que les deux pays se trouvent dans l’obligation de maintenir un niveau de concertation et de partage d’informations, y compris au moyen de visites-surprises comme celle que vient d’effectuer le chef de la diplomatie marocaine.












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