Bien qu’éprouvé et affaibli par la maladie, le Roi Mohammed VI tient toujours, à l’occasion de la Fête du Trône, à honorer ce rendez-vous cher aux Marocains à travers un discours généralement centré sur la situation intérieure du Royaume, et qui enregistre chaque année un taux d’audience remarquable.
La confiance, la souveraineté nationale, la justice sociale et le développement global visant à atténuer les disparités territoriales en sont restés, cette année encore, les maîtres-mots.
L’impact des propos du Souverain réside dans leur franchise et leur ton direct. En s’adressant à la sensibilité des citoyens avec un langage de vérité et des formulations explicites, il va à l’essentiel, comme ce fut le cas lors du discours prononcé mercredi soir. Celui-ci s’est appuyé sur une série de chiffres incontournables puisés dans les rapports et études récemment publiés par Bank Al-Maghrib, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et la Banque mondiale. Un tableau consistant, à valeur de véritable état des lieux, dressé sans complaisance mais avec clairvoyance et un optimisme réaffirmé à plusieurs reprises.
À l’écouter, le Roi s’est voulu confiant en mettant en avant, à travers ces indicateurs, la bonne tenue de la situation économique. Il n’a toutefois pas abordé de manière détaillée la situation sociale, marquée par des retards dans la recherche de solutions et par un rythme de développement encore inégal. Le Souverain s’est néanmoins montré rassurant sur les étapes déjà franchies et sur le travail qui attend la prochaine équipe gouvernementale dès son entrée en fonction, après les élections législatives de septembre, sans évoquer directement le scrutin, par souci de neutralité institutionnelle. Une interrogation demeure alors : quelle est la véritable portée du concept de « Maroc Ascendant » ?
Avec cette expression rassembleuse et fédératrice, le Souverain semble avoir préféré le concept de « Maroc Ascendant » à celui de « Maroc émergent ». La nuance est loin d’être anodine. Elle traduit la volonté de poursuivre un effort collectif, mobilisant toutes les composantes de la Nation, afin de bâtir un développement inclusif, sans exclusion, où chaque Marocain trouvera sa place. La promesse réitérée par Mohammed VI de ne laisser aucun citoyen au bord du chemin constitue, à cet égard, le fil conducteur d’un nouveau modèle de développement appelé à guider les prochaines années.
Cette notion de « Maroc Ascendant » est désormais appelée à préciser progressivement tout son contenu à travers les résultats attendus à court et moyen termes, loin des calculs partisans et des arrière-pensées politiques ou économiques. Dans ce contexte, l’interpellation adressée au système bancaire sur son manque d’engagement en faveur de l’investissement productif constitue l’un des messages les plus forts du discours. Après un tel rappel, nul besoin d’explications supplémentaires pour comprendre les attentes royales.
Enfin, un détail symbolique n’est pas passé inaperçu. Une importante délégation de personnalités issues des provinces du Sud a suivi le discours royal à proximité du Palais Royal de Tétouan. Une présence qui ne relève sans doute pas du hasard. Ce geste pourrait annoncer une nouvelle étape dans le traitement du dossier du Sahara, absent cette année du discours conformément à une tradition bien établie, mais susceptible de revenir au premier plan lors d’une prochaine échéance royale.
Par Jalil Nouri












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