Le chef du parti islamiste du PJD, Abdelilah Benkirane, n’en fait plus qu’à sa tête et ne semble plus se fixer de limites dans ses déclarations, aussi surprenantes soient-elles, malgré les responsabilités qu’il a exercées par le passé en tant que chef du gouvernement, avec le bilan que l’on sait.
Dans un énième dérapage, mais cette fois-ci en allant particulièrement loin, le vieil homme — ou du moins celui qui transcrit ses propos — a probablement buté sur les caractères de son clavier en formant cette phrase : « J’ai demandé des explications au Roi sur les événements de Ceuta. » Est-il possible d’aller aussi loin sans mesurer la portée d’une telle déclaration ?
Comment est-il encore possible, au Maroc, de voir un ancien haut responsable et actuel chef de parti, manifestement aigri par son parcours politique récent, passer une bonne partie de son temps à multiplier les déclarations sur Facebook et se permettre une formulation pouvant être interprétée comme un manque de respect à l’égard du Roi ? Une sortie qui pourrait lui valoir remontrances et mises en garde, comme cela lui est déjà arrivé par le passé après certaines déclarations controversées.
Pourtant, Benkirane, sans expliquer précisément de quelle manière il aurait procédé, a affirmé haut et fort sur le réseau social, et sans que personne ne le sollicite, qu’il avait demandé des explications sur la manière dont s’était déroulé l’assaut massif contre la frontière avec les enclaves de Ceuta et Melilla, ainsi que sur la gestion du dossier.
Une initiative personnelle qui intervient alors même que son parti s’apprête à affronter des élections particulièrement difficiles. À l’entendre, il ne manquerait presque plus qu’il affirme avoir « demandé des comptes ». Avec l’imprévisible Benkirane, certains pourraient même finir par ne plus s’en étonner.
Mais Benki-râle a-t-il encore conscience de la portée politique et institutionnelle de ses propos ? À force de vouloir occuper l’espace médiatique par des déclarations fracassantes, l’ancien chef du gouvernement prend surtout le risque de franchir cette frontière qui sépare la critique politique légitime de la provocation inutile.
Par Jalil Nouri












Contactez Nous