Regardez un carrefour, dans n’importe quelle ville marocaine, à l’heure de pointe. Le livreur qui se faufile à moto entre les pare-chocs. Le vieil homme qui traverse là où il peut, faute de passage. L’adolescent à scooter, sans casque, pressé. Ce sont eux, désormais, qui remplissent nos statistiques de morts.
En 2019, les deux et trois-roues motorisés représentaient 30,8 % des tués. En 2023 — dernière ventilation définitive complète —, ils en représentent 40,2 %, soit 1 537 morts, devant les piétons (1 007, 26,4 %) et les occupants de voitures (875, 22,9 %). Les cyclistes comptent 204 décès. La dynamique est plus parlante encore : entre 2022 et 2023, la mortalité a augmenté de 320 morts, dont +139 pour les deux et trois-roues, +119 pour les piétons et +74 pour les voitures ; les transports collectifs, eux, reculaient de 36.
Les chiffres provisoires 2025 confirment le signal : 2 060 tués à deux ou trois roues, 1 185 piétons.
Et un mot, qui n’est pas un détail : ces catégories désignent des victimes, pas des coupables. Un motard tué n’est pas présumé fautif ; il est d’abord un fils, un père, celui qui a payé de sa vie un manque de protection.
En 2023, quatre morts sur dix étaient à deux ou trois roues. Ce sont les moins protégés qui tombent.












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