Les récents incidents ayant opposé des habitants à des ressortissants étrangers vivant dans l’espace public, sur fond de nuisances répétées dans le quartier de Derb Mila, continuent de faire couler beaucoup d’encre dans la capitale économique, une semaine après les faits.
Pour rappel, ces incidents ont dégénéré en violents affrontements, faisant plusieurs blessés. Pierres et bâtons ont été utilisés au cours d’une bataille qui a nécessité l’intervention rapide des forces de l’ordre. Celles-ci ont procédé à l’évacuation des lieux afin de ramener le calme dans un quartier devenu, selon plusieurs riverains, difficilement vivable pendant une longue période. Certaines familles auraient même envisagé de déménager.
Au-delà de cet épisode, c’est la question plus générale de l’occupation de l’espace public et du respect des règles de vie collective qui revient au premier plan.
Les habitants dénoncent des nuisances, des regroupements permanents, des comportements inciviques, ainsi que diverses activités illicites qui contribueraient à détériorer leur cadre de vie. L’abandon de déchets et l’utilisation de certains espaces de la voie publique comme lieux d’aisance alimentent également l’exaspération.
Dans plusieurs quartiers populaires où cohabitent des populations d’origines diverses, les tensions peuvent ainsi devenir particulièrement fortes, notamment en période de chaleur, lorsque la vie nocturne se prolonge dans la rue. Des incidents parfois déclenchés pour des motifs insignifiants peuvent alors rapidement dégénérer.
Le précédent d’Oulad Ziane
Les Casablancais se souviennent encore de la situation qui avait prévalu aux abords de la gare routière d’Oulad Ziane, où un campement informel de migrants subsahariens s’était progressivement installé. Les riverains avaient alors dénoncé l’insécurité, les trafics et différentes formes de délinquance autour du site.
Le campement avait finalement été démantelé. Mais le problème de fond n’a pas totalement disparu : des regroupements se sont reconstitués dans d’autres secteurs et des affrontements entre individus ou groupes rivaux sont encore ponctuellement signalés.
L’enjeu consiste donc à éviter que de nouvelles poches de précarité et de tension ne s’installent durablement au cœur des quartiers résidentiels.
L’hospitalité et la solidarité, profondément ancrées dans la société marocaine, ne peuvent fonctionner durablement sans règles communes. Accueillir ne signifie ni accepter l’occupation anarchique de l’espace public ni tolérer les comportements qui portent atteinte à la tranquillité et à la sécurité des habitants.
Une approche plus globale paraît dès lors nécessaire : prise en charge sociale et humanitaire des personnes vulnérables, lutte contre les réseaux et les activités criminelles, respect de l’espace public et intervention ferme lorsque la sécurité des citoyens est menacée.
Cette politique devrait s’appliquer sur l’ensemble du territoire afin d’empêcher la constitution de nouvelles zones de tension susceptibles de menacer, à terme, l’ordre public et le vivre-ensemble.
Car l’hospitalité marocaine, aussi généreuse soit-elle, suppose elle aussi le respect de règles et de limites.












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