Devant les stations-service de Téhéran, les automobilistes iraniens doivent désormais patienter plusieurs heures pour effectuer un plein d’essence. Cette crise d’approvisionnement s’intensifie alors que le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé vouloir couper définitivement l’Iran des circuits financiers mondiaux. Face à la dégradation de la situation, les autorités iraniennes envisagent d’alléger les subventions d’État sur les carburants, accentuant la hantise d’une pénurie généralisée au sein d’une population déjà essoufflée.
Sur le plan social, la dépréciation historique de la monnaie nationale et une inflation supérieure à 10 % pèsent lourdement sur le panier de la ménagère. Dans les commerces de détail, les produits de première nécessité comme le lait ou les pâtes connaissent des augmentations tarifaires hebdomadaires, contraignant un nombre croissant d’habitants à acheter leurs denrées alimentaires à crédit. Bien que les magasins restent approvisionnés, la chute brutale du pouvoir d’achat affecte directement le mode de vie des ménages.
Sur le plan politique, le président Massoud Pezeshkian a accusé Washington de mener une guerre économique délibérée visant à susciter le mécontentement populaire et à déstabiliser le pays. La direction politique iranienne refuse toutefois toute capitulation et compte sur ses exportations pétrolières vers la Chine pour maintenir son économie sous perfusion. Pour l’heure, les autorités parviennent à contenir la rue, quelques mois après la répression sévère des manifestations du début d’année.
Toutefois, la détérioration continue des conditions de vie et la hausse mondiale des cours de l’énergie posent la question des limites de la résilience populaire face aux blocus économiques prolongés. Alors que la pression financière internationale s’accroît, la capacité des gouvernements à préserver le pouvoir d’achat et la stabilité des prix énergétiques demeure un défi central pour l’équilibre socio-économique global.












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