La décision de suspendre, à la plage de Bouznika, la décision de la démolition dans quelques jours, sur ordre des autorités locales, des résidences et cabanons installés sur le domaine maritime et ne disposant pas de titres fonciers, par conséquent, constitue le début d’une vague de contestation et de procès, car il s’agit d’une exception.
L’ordre d’arrêter net la procédure et le passage à l’acte à la fin de la saison estivale, un ordre qui semble être venu d’en haut suite à des pressions de personnalités parmi les propriétaires et qui n’est pas loin de causer un fâcheux précédent, au moment où plusieurs stations balnéaires et rivages sur l’Atlantique, détruits pour les mêmes raisons qu’à Bouznika, ont subi un sort différent, conforme à la loi et sans recours. Or, pour cette dernière, et comme si jouer sur le temps était devenu politique courante, et comme confier le dossier au chef du gouvernement, Akhannouch, pour trancher en faveur de qui l’on sait, l’on semble se diriger symboliquement vers une affaire d’État.
Comment alors expliquer, mis à part le statut social des propriétaires à Bouznika, la différence de traitement imposée aux autres, comme à Zenata ou Tamaris, non loin de Casablanca, qui ont vu leurs résidences disparaître du paysage maritime sur une simple signature au stylo ? Ce « deux poids, deux mesures », si le report, en la gelant, de la décision de libérer le domaine maritime public est maintenu, n’est-il pas en train de constituer l’un des épisodes les plus anti-populaires et les plus scandaleux du mandat de l’Exécutif actuel ?
Par Jalil Nouri












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