Une précision s’impose d’elle-même : si l’on n’évoque pas le cas de l’enclave de Melilia, c’est bien parce que la situation y est différente. Elle n’a pas connu, à sa frontière, un assaut comparable à celui de Ceuta, où tous les niveaux d’alerte ont été atteints. Mais une semaine après l’alerte du 15 août, les choses sont progressivement rentrées dans l’ordre.
Ceuta s’est peu à peu habituée à la présence de quelque 2 000 migrants en situation irrégulière, parmi lesquels des centaines de mineurs ayant réussi à franchir la frontière et choisi de rester dans l’enclave. Désormais, la ville se prépare à aménager des structures d’accueil et à assurer leur prise en charge, dans l’attente de solutions durables et juridiquement conformes. Beaucoup de ces migrants semblent, pour leur part, déterminés à rester sur le territoire espagnol et à tenter d’y régulariser leur situation.
Le cas des quelque 500 jeunes filles mineures présentes parmi ces groupes est encore plus sensible. Particulièrement exposées aux risques d’agression et d’exploitation, elles pourraient être transférées vers différentes régions d’Espagne afin d’y bénéficier d’une meilleure protection. Une telle solution suppose toutefois l’accord et la coopération des communautés autonomes. Or certaines, notamment dirigées par la droite, se montrent réticentes à les accueillir, obligeant les autorités à rechercher d’autres alternatives.
À Ceuta-Centre, les commerces qui avaient fermé leurs portes par crainte des troubles ont progressivement rouvert. Après les incidents et les tentatives de pillage, le calme est revenu et le dispositif sécuritaire a retrouvé un fonctionnement plus normal. Les risques de nouveaux assauts semblent s’être éloignés, notamment grâce à la coopération sécuritaire entre le Maroc et l’Espagne.
La polémique politique, elle, est loin d’être terminée. Des partis de l’opposition espagnole continuent d’appeler le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, à revoir les relations de Madrid avec Rabat, reprochant aux autorités marocaines de ne pas avoir suffisamment contenu les départs vers Ceuta.
Il est certain que ces événements laisseront des traces et imposeront une réflexion approfondie sur la coopération sécuritaire et migratoire entre les deux pays. Une remise à plat des mécanismes de prévention, d’anticipation et de coordination paraît désormais nécessaire.
Le plus tôt sera le mieux, d’autant que l’Espagne se rapproche d’une nouvelle échéance électorale.
Par Jalil Nouri



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