La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Béni Mellal a rendu, mardi, son verdict dans une affaire douloureuse ayant profondément marqué la région d’Aghbala. Quatre hommes poursuivis dans un dossier d’agression sexuelle sur une jeune femme en situation de handicap mental, originaire du douar « Bouidmouma », ont été reconnus coupables et condamnés chacun à cinq ans de prison ferme.
La juridiction a également décidé de mettre les frais de justice à la charge des condamnés, tout en les informant de leur droit de faire appel dans les délais prévus par la loi.
Sur le volet civil, le tribunal a condamné les quatre mis en cause à verser solidairement à la partie civile une indemnisation de 20.000 dirhams, en plus des frais de justice, avec contrainte par corps au minimum légal.
Au cours de l’instruction de ce dossier, la Cour avait ordonné la réalisation d’une expertise génétique ADN afin d’identifier le père biologique du nouveau-né. Le coût de cette expertise a été fixé à 5.000 dirhams, avec un délai accordé pour le dépôt de cette somme auprès de la caisse du tribunal, afin de permettre au laboratoire national compétent d’engager les procédures techniques nécessaires.
Les faits remontent à la fin de l’année 2025, lorsque la victime, alors enceinte de sept mois, avait été transférée à la maison de maternité relevant de la commune d’Aghbala. Cette décision avait été prise à la suite d’instructions du wali de la région Béni Mellal-Khénifra, après des appels lancés par des acteurs associatifs et des défenseurs des droits humains, alertés par la situation de grande précarité sociale dans laquelle vivait la famille de la jeune femme.
Selon les éléments du dossier, la victime aurait subi deux agressions sexuelles à des périodes distinctes, ayant entraîné deux grossesses et la naissance de deux enfants. L’un d’eux serait âgé d’environ huit ans, tandis que le second n’a pas encore atteint sa première année.
Cette affaire relance avec force le débat sur la protection des personnes en situation de handicap mental, particulièrement dans les zones rurales et enclavées, où la vulnérabilité sociale, l’isolement familial et le manque de mécanismes de surveillance peuvent exposer certaines victimes à des abus graves.
Au-delà du verdict judiciaire, ce drame pose une question essentielle : comment mieux protéger les femmes vulnérables, garantir leur accompagnement social, médical et psychologique, et éviter que de tels actes ne se reproduisent dans le silence des zones marginalisées ?
Car si la justice a rendu sa décision, la société, elle, reste appelée à ouvrir les yeux sur ces situations de grande fragilité humaine, souvent invisibles jusqu’au jour où elles éclatent sous la forme d’un drame.












Contactez Nous