À l’occasion des retransmissions des matchs de la Coupe du monde, les cafés et les restaurants affichent complet. Mais derrière l’ambiance festive, les écrans géants et l’enthousiasme des supporters, une réalité beaucoup moins réjouissante persiste : celle d’espaces fermés saturés de fumée, où les non-fumeurs sont contraints de subir le tabagisme des autres.
Dans de nombreux établissements, la cigarette continue d’être tolérée sans véritable contrôle, au mépris de la santé des clients, du personnel et, parfois, des enfants présents sur les lieux. Cette situation relance une question devenue presque embarrassante : qu’est devenue la loi antitabac adoptée par le Parlement il y a près de trente ans ?
Ce texte devait permettre au Maroc de rejoindre les pays ayant instauré une protection effective des citoyens contre les dangers du tabagisme passif. Son application aurait placé le Royaume en conformité avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, qui appelle depuis longtemps à interdire la consommation de tabac dans les lieux publics fermés.
Pourtant, après son adoption, la loi semble avoir disparu des radars. Transmise au Secrétariat général du gouvernement, elle n’aurait jamais connu l’application attendue. Depuis, le silence s’est installé. Les Marocains n’en ont pratiquement plus entendu parler, sans qu’une explication claire ne soit apportée sur les raisons de ce blocage.
Le coût de cette négligence est pourtant considérable. Le tabagisme passif expose quotidiennement des milliers de personnes à une fumée toxique qu’elles n’ont pas choisi de respirer. Les premières victimes sont souvent les proches des fumeurs, notamment les enfants, mais aussi les employés des cafés et restaurants, soumis durant de longues heures à un air pollué.
Dans les administrations, certains espaces professionnels et plusieurs lieux accueillant du public, l’interdiction de fumer reste également largement ignorée. Faute de contrôles, de sanctions et de campagnes de sensibilisation durables, les mauvaises habitudes se sont installées comme si elles relevaient de la normalité.
Aucun ministre directement concerné ne semble avoir véritablement entrepris de ressortir ce texte des tiroirs, de le dépoussiérer et de lui donner les moyens d’être appliqué. Pourtant, protéger les non-fumeurs ne relève ni du confort ni d’un choix secondaire : il s’agit d’une responsabilité de santé publique.
Au-delà du simple respect d’une loi votée par le Parlement, c’est un véritable enjeu de santé publique qui se pose aujourd’hui. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabagisme provoque chaque année plus de huit millions de décès dans le monde, dont près de 1,3 million concernent des non-fumeurs exposés au tabagisme passif. Les premières victimes sont souvent les employés des cafés, restaurants et autres établissements recevant du public, contraints de respirer durant de longues heures une fumée dont les effets nocifs sur les maladies cardiovasculaires, les cancers et les affections respiratoires sont scientifiquement établis. Il est d’autant plus paradoxal que le Maroc consacre des milliards de dirhams au renforcement de son système de santé, à la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire et à la lutte contre les maladies chroniques, tout en laissant inexploitée une loi qui permettrait de prévenir une partie de ces pathologies. À l’heure où le Royaume prépare l’organisation de la Coupe du monde 2030 et ambitionne de projeter l’image d’un pays moderne, accueillant et soucieux du bien-être de ses citoyens comme de ses visiteurs, remettre enfin en application la loi antitabac constituerait un signal fort en faveur de la santé publique, du civisme et de la qualité de vie.
Il est donc urgent de faire sortir la loi antitabac de l’oubli, de préciser ses mécanismes d’application et d’imposer des contrôles sérieux. Les établissements accueillant du public doivent être tenus de garantir des espaces réellement non-fumeurs, tandis que les contrevenants doivent être sanctionnés.
Trente ans après son adoption, cette loi ne mérite plus de dormir dans les tiroirs de l’administration. Elle doit retrouver toute sa place dans l’arsenal juridique du Royaume afin de protéger efficacement les citoyens, préserver les générations futures et rappeler qu’en matière de santé publique, le droit de respirer un air sain doit toujours primer sur la liberté de fumer dans les espaces collectifs. Tant que cette loi restera lettre morte, la liste des victimes du tabagisme passif continuera de s’allonger. Et pendant que certains allument une cigarette en toute liberté, d’autres continueront à en payer le prix avec leur santé.
Par Salma Semmar












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Appliquer la loi = Protéger les non-fumeurs et limiter la consommation des fumeurs
30 ans de non-respect et de mépris de la Loi : une véritable honte nationale !
Une loi qui n’est pas mise en œuvre, c’est un encouragement à la délinquance que cette même loi est censée sanctionner.
Bonjour, je suis fumeur et respecte la loi autant que possible, mais Messieurs et Mesdames qui vous offusquez que cette loi ne soit pas respecté que faite vous de la loi par exemple qui interdit de s’approprier le domaine public et que nul n’a le droit de s’y installer ni de le louer à des particuliers et encore moins à des sociétés privées (Loi Organique 113-14 relative aux communes et presidents du conseil ainsi que la loi 57-19 articles 4 et 5 qui interdit formellement toutes location du domaine public communal. Ces espaces appartiennent à tous les citoyens et sont inaliénables) Je ne vous parlerais pas de ceux qui font travailler les enfants ça aussi interdit par la loi les petard qui arrache des mains et des yeux. Vous voulez redorer le blason du Maroc avant la coupe du monde ? commencer par par rendre nos trottoirs praticable aux piétons, meres de famille avec leur poussette personne âgées qui ont des difficultés a sans cesse monter et descendre des trottoirs au risque de se faire faucher par une voiture ou une moto car utilisé par des magasins les exploitants dans un but commercial ou des gens qui prennent les trottoirs pour des parkings. Alors madame et messieurs les offusqués commencez par le BA ba et nous pourrons parler de l’OMS cet organisme corrompu jusqu’à la moelle
Bonjour
On peut entendre , comprendre même …votre explication mais cela ne saurait tenir lieu de justification.
Autre sujet autre débat, on ne peux justifier une transgression en évoquant une autre transgression…
Laissez les gens fumer en paix. Il y a des espaces fumeurs et d’autres non fumeurs. Que chacun respecte son espace et tout se passera bien. Il y a des lois beaucoup plus importantes à faire respecter, comme par exemple l’attribution des marchés publics
Dieux seul sait le nombre de victimes du non respect de cette loi. Les fumeurs imposent à tort leur loi dans les lieux publiques: On ne peut pas demander à un fumeur, même gentiment, d’éteindre sa cigarette même en présence d’enfants et de non-fumeurs adultes. Bref, il est temps, et plus que jamais, d’appliquer cette loi pour protéger les non fumeurs de toutes les maladies liées au tabagisme passif.
Le civisme se mesure par plusieurs indicateurs et en particulier par le respect de l’autre. Ici l’autre c’est le non-fumeur.
LA LOI C’EST LA LOI
Histoire de contrat social et de respect de l’esprit des lois. Plus important il s’agit de santé publique à sauvegarder