Il est des situations inconfortables dans lesquelles de hauts responsables se précipitent parfois sans en mesurer toutes les conséquences, à force de vouloir cumuler les fonctions et les responsabilités.
Le ministre délégué chargé du Budget, Faouzi Lakjâa, par ailleurs très en vue dans la gestion du football marocain et considéré comme l’un des artisans de sa transformation, pourrait bientôt être confronté à un choix délicat entre le sport et la politique.
Depuis son rapprochement avec le PAM, les choses semblent s’accélérer à grande vitesse. Après son entrée au Conseil national du parti, la perspective de le voir intégrer le Bureau politique alimente désormais les spéculations, tout comme celle d’une éventuelle candidature dans sa région natale de l’Oriental lors des prochaines élections législatives. Et certains vont déjà plus loin en lui prêtant des ambitions gouvernementales encore plus élevées.
Cela commence à faire beaucoup pour un seul homme.
D’autant que Faouzi Lakjâa est également fortement mobilisé par la préparation de la Coupe du monde 2030, dont le Maroc sera l’un des trois pays organisateurs avec l’Espagne et le Portugal. À cela s’ajoutent les importantes missions qui lui ont été confiées dans le financement et l’accompagnement des chantiers de développement territorial.
Même avec une capacité de travail reconnue et une volonté à toute épreuve, peut-on réellement assumer simultanément autant de responsabilités de premier plan ? La question mérite d’être posée.
Mais une autre interrogation, plus sensible encore, pourrait rapidement surgir : celle de la compatibilité entre une implication politique de plus en plus affirmée et ses responsabilités dans les instances du football national, africain et international.
Les textes de la FIFA mettent notamment l’accent sur l’indépendance des fédérations, la prévention des conflits d’intérêts et l’intégrité de leurs dirigeants. Ils ne signifient pas nécessairement qu’un responsable politique est automatiquement exclu de toute fonction footballistique, mais un engagement partisan et électoral plus prononcé pourrait inévitablement soulever des interrogations sur le cumul des casquettes.
Faouzi Lakjâa a-t-il déjà anticipé cette équation ? Envisage-t-il, le moment venu, de privilégier la politique au détriment de certaines de ses responsabilités dans le football ? Ou estime-t-il que ces différentes fonctions peuvent continuer à cohabiter ?
Pour l’heure, la réponse n’est pas évidente. Mais à mesure que son engagement politique se précise, le choix pourrait devenir de plus en plus difficile à différer.
Par Jalil Nouri












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