Alors que la France et l’Espagne continuent de faire face à une succession d’incendies d’une rare intensité, provoquant d’importants dégâts matériels, des milliers d’hectares de végétation détruits et de nombreuses évacuations, le Maroc apparaît, jusqu’à présent, relativement préservé de cette catastrophe qui touche l’ensemble du bassin méditerranéen.
Le Royaume partage pourtant les mêmes caractéristiques climatiques et une végétation méditerranéenne particulièrement sensible aux fortes chaleurs, aux vents secs et aux longues périodes de sécheresse. Mais, contrairement aux scénarios observés chez ses voisins européens, les départs de feu recensés cet été ont, dans leur grande majorité, été rapidement maîtrisés grâce à une mobilisation immédiate des différents services concernés.
Cette capacité de réaction repose sur une stratégie désormais bien rodée associant les Forces Armées Royales, la Protection civile, les Eaux et Forêts, la Gendarmerie Royale, les autorités locales ainsi que les moyens aériens spécialisés. Dès qu’un foyer est détecté, les interventions sont déclenchées sans délai afin d’empêcher toute propagation des flammes.
Les résultats sont visibles. Dans le nord du Royaume, région historiquement la plus exposée aux incendies de forêt, les superficies ravagées demeurent nettement inférieures à celles enregistrées lors de certaines saisons précédentes. Cette évolution traduit les efforts consentis ces dernières années en matière de prévention, de surveillance et d’interventions rapides.
La saison 2026 a néanmoins révélé une évolution notable. Pour la première fois, des incendies significatifs ont également touché le sud du pays, notamment dans la région de Taroudant, près d’Agadir. Là encore, l’intervention rapide des équipes au sol et des Canadair a permis d’éviter le pire, en empêchant notamment les flammes de menacer des zones habitées et des infrastructures stratégiques.
Pour autant, ce bilan relativement rassurant ne doit pas conduire à un excès de confiance. Les épisodes de chaleur extrême, aggravés par le changement climatique, rendent les massifs forestiers marocains de plus en plus vulnérables. Les catastrophes qui frappent actuellement l’Espagne, la France ou encore d’autres pays méditerranéens rappellent que nul territoire n’est désormais totalement à l’abri.
Le Maroc semble aujourd’hui récolter les fruits d’une politique de prévention et d’une coordination opérationnelle efficace. Mais la bataille contre les incendies est loin d’être terminée. Les semaines les plus chaudes de l’été restent propices aux départs de feu, souvent causés par la négligence humaine ou favorisés par des conditions météorologiques extrêmes.
Plus que jamais, la réussite de cette lutte dépendra de la capacité des autorités à maintenir leur niveau de vigilance et de la responsabilité des citoyens, dont les comportements demeurent un maillon essentiel pour préserver le patrimoine forestier national.
Par Mounir Ghazali










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