Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, vient de remporter une manche importante dans le bras de fer qui l’oppose à Hamid Mahdaoui. Le tribunal correctionnel de Rabat a condamné ce dernier à verser 200.000 dirhams de dommages et intérêts au ministre, en plus d’une amende ferme de 100.000 dirhams, dans une affaire de diffamation qui aura largement alimenté le débat public.
Cette décision met fin, du moins judiciairement, à un dossier sensible mêlant liberté d’expression, responsabilité médiatique et protection de la réputation des responsables publics. Toutefois, tous les chefs d’accusation n’ont pas été retenus par le tribunal, notamment ceux liés à l’atteinte à la vie privée ou à certaines allégations jugées préjudiciables.
Pour Abdellatif Ouahbi, souvent critiqué pour son tempérament offensif et sa tendance à saisir la justice contre ses détracteurs, ce verdict constitue une victoire partielle. Le ministre avait à plusieurs reprises affirmé sa volonté de poursuivre toute personne diffusant, selon lui, de fausses informations à son sujet, sur son action ministérielle ou sur ses proches.
Mais cette affaire pose aussi une question plus large : jusqu’où peut aller la critique des responsables publics sans basculer dans la diffamation ? Et inversement, comment éviter que les poursuites judiciaires ne soient perçues comme une pression sur les journalistes, chroniqueurs ou influenceurs ?
Hamid Mahdaoui, déjà connu pour ses démêlés judiciaires passés, échappe cette fois à une peine privative de liberté. Un choix qui pourrait être interprété comme une volonté d’éviter une nouvelle polémique autour de la liberté de la presse au Maroc.
Reste désormais à savoir si cette condamnation calmera les tensions ou si elle ouvrira un nouveau chapitre dans une confrontation appelée à se poursuivre sur le terrain médiatique.
Par Jalil Nouri












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