Pendant un mois, le Maroc a fait battre le cœur de tout un peuple au même rythme que celui des Lions de l’Atlas. Dans chaque foyer, chaque café, chaque rue, un seul rêve nous habitait : voir enfin notre sélection soulever cette Coupe du monde 2026. Ce n’était plus une simple ambition sportive. C’était un rêve collectif, une promesse de bonheur, une revanche sur l’histoire.
Et il faut rendre hommage à cette équipe qui nous a fait vibrer. Match après match, les Lions ont démontré qu’ils avaient leur place parmi les plus grandes nations du football. Ils ont éliminé des adversaires redoutables, affiché un état d’esprit conquérant et offert aux Marocains des soirées inoubliables. Les klaxons, les drapeaux rouges flottant jusqu’à l’aube, les embrassades entre inconnus… autant d’images qui resteront gravées dans nos mémoires.
Puis est arrivé ce quart de finale contre la France. Et là, tout s’est effondré.
Ce n’est pas tant la défaite qui fait mal. Une grande équipe peut perdre. Ce qui restera difficile à accepter, c’est la manière. Où étaient passés ces Lions si audacieux ? Comment expliquer qu’en quatre-vingt-dix minutes, le Maroc n’ait véritablement inquiété le gardien français qu’à une seule reprise ? Comment une équipe capable de dominer tant d’adversaires a-t-elle pu évoluer avec autant de retenue, presque avec de la peur ?
Nous avons vu des joueurs loin de leur niveau habituel, peu agressifs dans les duels, rarement les premiers sur le ballon. Les maillots sont restés presque impeccables au coup de sifflet final. Pas de tenue déchirée, peu de traces d’un combat livré jusqu’à la dernière seconde. Cette image contraste tellement avec celle des précédents matchs, où chaque joueur semblait prêt à laisser son dernier souffle sur le terrain.
La stratégie de Mohamed Ouahbi laisse également un profond sentiment d’incompréhension. Le bloc est resté trop bas, les changements sont apparus tardifs, les initiatives offensives quasiment inexistantes. Au fil des minutes, une interrogation, aussi douloureuse qu’injuste peut-être, s’est même installée dans l’esprit de nombreux supporters : le Maroc a-t-il réellement tout tenté pour battre cette équipe de France ?
Avec davantage de pressing dès l’entame, un milieu plus entreprenant, des latéraux libérés et un second attaquant pour accompagner l’avant-centre, les Lions auraient probablement posé bien plus de problèmes aux Bleus. Quitte à perdre, il aurait fallu tomber les armes à la main, en imposant notre identité de jeu et en faisant douter l’adversaire.
Le rêve s’est envolé, mais pas la fierté d’être marocain. Cette génération restera exceptionnelle. Pourtant, elle laissera aussi le souvenir d’un rendez-vous manqué, celui où tout un peuple espérait voir ses Lions mourir en combattants plutôt que de quitter la scène avec tant de regrets.
Soufiane Bahloul, lecteur fidèle d’Actu-Maroc












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