Si les partis de droite et d’extrême droite étaient aujourd’hui au pouvoir en Espagne – en espérant qu’ils n’y accèdent pas après les prochaines élections –, les récents événements de Ceuta auraient très probablement provoqué une poussée d’hostilité incontrôlable à l’égard du Maroc.
Les premiers signes de cette attitude sont déjà perceptibles dans le discours que ces formations politiques entretiennent depuis longtemps vis-à-vis du Royaume voisin. À l’inverse, les gouvernements socialistes espagnols ont su bâtir avec Rabat une relation que l’on peut qualifier d’exemplaire, sans véritable crise diplomatique ni malentendu majeur. Une coopération étroite que la droite et l’extrême droite espagnoles tentent aujourd’hui de fragiliser en instrumentalisant électoralement les événements de Ceuta.
Leur stratégie consiste à convaincre l’opinion publique espagnole, mais aussi les institutions européennes, que le Maroc ne serait pas un allié fiable. Elles lui prêtent l’intention d’avoir encouragé le départ massif de jeunes vers Ceuta afin d’exercer une pression politique sur Madrid et Bruxelles. Leur objectif est clair : remettre en cause la politique de partenariat privilégié avec Rabat et obtenir une réduction, voire une suppression, des aides et subventions accordées par l’Union européenne au Maroc, qu’elles présentent comme se retournant contre les intérêts européens.
Malgré cette offensive politique et médiatique, la solidité des relations actuelles entre le Maroc et l’Espagne résiste à ces tentatives de déstabilisation. Les partisans de cette campagne cherchent à faire croire que tous les maux de l’Espagne trouveraient leur origine dans la politique marocaine : le Royaume encouragerait l’immigration clandestine, inonderait le marché espagnol de ses produits agricoles, priverait les Espagnols de leurs emplois et poursuivrait un réarmement militaire destiné, selon eux, à préparer une éventuelle récupération de Ceuta, Melilla et des ressources maritimes situées au large du sud de l’Espagne.
Ce discours est toutefois vigoureusement combattu par les forces socialistes et les courants modérés, qui demeurent attachés à une relation équilibrée et pragmatique avec Rabat. Ils savent que, malgré les tensions suscitées par les récents événements de Ceuta, les intérêts stratégiques communs des deux pays demeurent largement supérieurs aux divergences ponctuelles. Les blessures laissées par cette crise mettront sans doute du temps à cicatriser, mais elles ne devraient pas remettre en cause les fondements d’un partenariat devenu essentiel pour les deux rives du détroit.
Par Jalil Nouri



Contactez Nous
C’est dans les épreuves que tout apparaît. Les propagandistes anti-arabe et anti-islam sont en ébulition dans toute l’Europe.