Le renforcement de la surveillance des côtes marocaines commence à produire un effet inattendu de l’autre côté de la frontière : une partie des candidats à l’émigration clandestine et des réseaux de passeurs se détourne désormais vers l’Algérie pour tenter de rejoindre l’Europe.
Selon les dernières données de Frontex, la Méditerranée occidentale est même devenue la seule grande route migratoire européenne en progression durant les huit premiers mois de 2026.
Près de 15.900 franchissements irréguliers y ont été détectés entre janvier et août, soit une augmentation de 34 % sur un an.
Et c’est désormais l’Algérie qui constitue le principal point de départ de cet axe, essentiellement en direction de l’Espagne continentale et des Baléares.
Cette évolution illustre surtout l’extrême mobilité des filières clandestines.
Lorsque les contrôles se resserrent sur une côte, les passeurs cherchent une autre fenêtre. Frontex avait d’ailleurs déjà constaté cette capacité des réseaux à transférer leurs activités vers d’autres corridors lorsque les autorités locales compliquent leurs opérations.
Le contraste est spectaculaire.
Alors que la route algérienne progresse, les arrivées par l’Atlantique vers les Canaries ont chuté de 58 %, sous l’effet notamment du renforcement des contrôles et de la coopération avec la Mauritanie et le Sénégal.
Même tendance en Méditerranée centrale, où les détections reculent de 55 %.
Au total, Frontex comptabilise environ 75.000 franchissements irréguliers aux frontières extérieures européennes depuis janvier, en baisse de 35 %.
Une précision s’impose cependant : ces statistiques comptabilisent des détections et non des personnes différentes, un même migrant pouvant être enregistré plusieurs fois.
Surtout, le mouvement exceptionnel enregistré entre le Maroc et Ceuta fin juillet n’a pas été intégré à ce bilan, faute de pouvoir établir un décompte suffisamment fiable.
Le phénomène migratoire est donc loin d’avoir disparu.
Le verrouillage progressif des routes marocaines semble surtout déplacer le problème : moins de départs par certaines côtes, davantage par d’autres. Et aujourd’hui, c’est l’Algérie qui apparaît comme la nouvelle porte de sortie privilégiée vers l’Espagne.












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