C’est ce jeudi 3 septembre, une date décisive, que le Maroc sera fixé sur la posture à adopter à l’avenir avec l’Espagne, au vu de ce qui sera décidé au Parlement à Madrid.
Le premier geste qui découlera de cette réunion commune des deux chambres espagnoles sera au détriment de Rabat puisqu’il sera question d’approuver la visite du roi Felipe VI dans les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en territoire marocain, un lourd héritage de la politique de colonisation. Cette visite, inadmissible pour Rabat, dont la date sera officialisée ce jeudi, sera considérée comme une provocation et une attitude inamicale dans une période de tension latente entre les deux pays. Une visite identique en 2017, sous le règne du père du souverain actuel, avait failli conduire à la rupture.
Le deuxième élément à suivre, et intervenant dans ce même contexte de tension accrue depuis une tentative massive de franchissement illégal de la frontière de Ceuta par des milliers de Marocains qui continue d’empoisonner les relations depuis un mois, ce deuxième fait important pour l’avenir de ces relations, dont le chef du gouvernement fera le point devant les députés espagnols, donnera lieu à une empoignade explosive entre le chef du gouvernement Sanchez et l’opposition.
Les deux formations de droite, le Parti Popular et d’extrême droite Vox, sont en effet déterminées à faire tomber aujourd’hui le gouvernement socialiste pour ses relations avec le Maroc, qui n’ont jamais été aussi bonnes et fructueuses pour les deux pays.
Il est d’ores et déjà acquis que le leader socialiste Sanchez dédouanera le Maroc de toute responsabilité dans la crise actuelle, qu’il impute à ces deux formations pour des fins électoralistes et idéologiques où le racisme anti-marocain et l’islamophobie sont les mamelles de la poussée xénophobe et intolérante dans toute l’Espagne.
Tous ces développements, avec en premier lieu la visite en plein chaos à Ceuta et Melilla du roi d’Espagne, ne feront qu’envenimer cette situation pour la priver de l’assistance du Maroc pour la protection de ses frontières et du développement économique du voisin de la rive sud, qui pourrait fermer les robinets des investissements espagnols sur le sol marocain. Madrid connaît ce danger.
Par Jalil Nouri












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