mercredi, août 19, 2026
العربية
Actu-Maroc : Actualités, informations et news au Maroc
siaracash
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
    • All
    • Faits divers
    • International
    • Maroc
    • LE BAROMETRE
  • Culture
  • Politique
  • Economie
  • Sport
    • Entretiens et Dossiers
    • S-International
    • National
  • Lifestyle
    • Femme
  • Video
  • Marocains du monde
    • Interview
    • Les Actualités
  • ENTRETIEN
    • Interviews
    • Reportages
  • Publicités
  • Contact
No Result
View All Result
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
    • All
    • Faits divers
    • International
    • Maroc
    • LE BAROMETRE
  • Culture
  • Politique
  • Economie
  • Sport
    • Entretiens et Dossiers
    • S-International
    • National
  • Lifestyle
    • Femme
  • Video
  • Marocains du monde
    • Interview
    • Les Actualités
  • ENTRETIEN
    • Interviews
    • Reportages
  • Publicités
  • Contact
No Result
View All Result
AR
Actu-Maroc : Actualités, informations et news au Maroc
No Result
View All Result
LeNoble Traiteur LeNoble Traiteur
Home ACTUALITÉS

Noureddine n’ira pas à Sebta

août 18, 2026
in ACTUALITÉS, Maroc
A A
Screenshot

Screenshot

69
VIEWS
Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur WhatsApp

Ne demandez pas à Noureddine où se trouve Sebta. Il sait à peine que l’enclave est quelque part dans le nord du pays. Pour lui, cette terre marocaine occupée par l’Espagne depuis des siècles n’a jamais été cette fameuse porte de sortie, ce bout d’Europe qui scintille au loin dans l’imaginaire de ceux qui rêvent de partir.

Son passé comme son avenir se trouvent ailleurs. À quelques kilomètres de Sidi Battache, entre Sidi Yahya Zaer et le petit barrage de Rouidate, dans un coin de campagne où les montagnes ont encore le temps de changer de couleur au fil des heures et où le silence n’est interrompu que par le bêlement d’une chèvre, le chant d’un oiseau ou le bruit d’un moteur agricole qui peine dans la pente.

C’est là que vit Noureddine.

Il a la trentaine, une femme, trois enfants, quelques animaux et une terre qui ne rapporte pas des fortunes mais qui, à ses yeux, vaut davantage que toutes les fortunes du monde. Il n’a ni compte en banque bien garni, ni voiture rutilante, ni passeport rempli de tampons. Il possède quelque chose de beaucoup plus rare : une idée assez précise de l’endroit où il veut être.

« Pourquoi aller chercher un trésor ailleurs alors que j’en ai un sous les yeux ? Ma femme, mes trois enfants, ma terre, mes animaux… »

Il dit cela sans emphase, comme s’il énonçait une évidence que le reste du monde aurait mystérieusement compliquée.

Noureddine ne prétend pas que la vie est facile. Il sait parfaitement ce que signifie être pauvre dans une campagne où la distance se mesure moins en kilomètres qu’en difficultés. L’école est loin. L’hôpital est loin. La ville est à 35 kilomètres. 35 kilomètres seulement, mais suffisamment pour transformer une urgence médicale en véritable expédition.

« Tu as le temps de mourir et de ressusciter avant d’arriver chez le médecin », plaisante-t-il.

Il rit. Puis il hausse les épaules.

« Mais c’est comme ça que mon père a vécu. Et son père avant lui. Ils ne se plaignaient jamais. »

Chez Noureddine, la pauvreté n’est pas un sujet de lamentation. Elle est une donnée de départ, comme la pente de la colline, la sécheresse de l’été ou le froid des nuits d’hiver. Il ne la romantise pas davantage qu’il ne la dramatise. Il sait que les familles de la ville ont davantage de confort. Elles ont les écoles à quelques rues, les médecins, les pharmacies, les cafés, les magasins, les grandes surfaces et tout ce qui fait qu’une journée ordinaire peut devenir extraordinairement pratique.

Lui, en revanche, doit parfois faire quelques kilomètres pour acheter quelque chose que le citadin trouverait au coin de la rue. Mais il a ses montagnes. « Regarde-les ». Il montre les collines autour du douar comme s’il présentait une propriété à un milliardaire.

« Regarde le ruisseau. Écoute le silence. Regarde comme c’est calme ici. Mais on ne peut pas tout avoir. » Cette manière de voir les choses explique aussi, en partie, son rapport à ceux qui ont choisi de partir.

Noureddine ne juge pas les migrants de Sebta. Il en connaît quelques-uns. Des voisins du douar, des jeunes hommes qu’il a vus grandir, qui ont vécu dans les mêmes paysages que lui et qui, à un moment de leur vie, ont tenté leur chance du côté de la frontière. Il connaît leurs histoires, leurs difficultés, leurs espoirs et leurs désespoir. Il ne leur reproche pas d’avoir voulu chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvaient pas ici. Simplement, ce n’a jamais été son choix.

Il ne se considère pas meilleur qu’eux. Il ne prétend pas avoir trouvé la recette du bonheur. Il sait seulement que, pour lui, partir n’a jamais représenté une solution. Son trésor était déjà là, sous ses yeux.

Noureddine sait à peine écrire son nom. Cela ne l’empêche pas de porter un regard de philosophe sur la vie. On ne peut pas tout avoir, mais il faut savoir regarder ce que l’on possède déjà.

Il regarde sa terre, ses bêtes, ses enfants, sa femme. Il regarde les saisons passer. Il connaît les chemins, les sources, les arbres et les endroits où l’herbe pousse mieux qu’ailleurs. Il sait reconnaître l’arrivée de la pluie à des signes que les météorologues de la télévision seraient bien incapables d’expliquer.

La ville, elle, lui demeure étrangère.

siaracash siaracash siaracash

Noureddine et son cousin Hassan ne s’y rendent presque jamais. Et lorsqu’ils y vont, ce n’est pas pour faire du tourisme. Ils ne connaissent ni les grands cafés, ni les vitrines illuminées, ni les avenues où les voitures se disputent quelques mètres de bitume. Ils ne connaissent pas le boulevard Mohammed V. Du moins, pas en vrai.

Ils travaillent tous les deux sur les terres d’un homme de la ville.

Un jour, celui-ci apprend que Noureddine n’a jamais mis les pieds sur le grand boulevard de la capitale. Il décide alors de réparer cette injustice nationale. Il les embarque dans sa voiture.

La préparation mérite à elle seule un chapitre.

Noureddine et Hassan se sont habillés comme s’ils allaient être reçus au palais par le roi en personne. Chemises impeccables, vêtements soigneusement choisis, chaussures propres. On ne sait jamais. Une capitale, ça ne se prend pas à la légère.

Et les voilà partis. Pour deux hommes habitués aux chemins de terre, aux tracteurs et aux chèvres, Rabat leur a donné l’impression d’être entrée dans une autre dimension.

Au milieu du boulevard Mohammed V, ils s’arrêtent devant le Parlement. Ils connaissent le bâtiment. Ils l’ont vu des dizaines de fois à la télévision. Mais le voir en vrai est une autre affaire. C’est un peu comme rencontrer un personnage d’une série populaire. Pour les taquiner, mon frère leur pose alors une question :

–       Lequel de vous aimerait représenter sa région au Parlement ?

Un grand éclat de rire éclate. La question, visiblement, est beaucoup trop sérieuse pour être prise au sérieux.

Noureddine finit par répondre :

–       S’il me laisse entrer avec mon violon, je ne dirais pas non.

Son violon ! Il faut le voir pour comprendre. Ce n’est pas exactement un Stradivarius. Disons qu’il appartient à une école de lutherie assez personnelle. Noureddine l’a fabriqué lui-même avec un ancien bidon d’essence et trois fils de fer. Il a inventé son instrument avec les moyens du bord, comme on fabrique ici beaucoup de choses : avec ce qu’on trouve, ce qu’on récupère et ce qu’on refuse de jeter.

Le résultat est improbable. Il joue avec le sérieux d’un virtuose.

Son artiste préféré s’appelle Saïd Oueld El Hawwat. Un jour, il m’a fait l’honneur de chanter pour moi, accompagné de son fameux violon artisanal. Il s’est installé, a pris son instrument, a ajusté les fils de fer avec la concentration d’un musicien sur le point d’entrer sur scène et s’est mis à chanter :

« Waa lradia li Cyber, wach derti chi hob kebir… »

Pendant quelques minutes, le barrage de Rouidate est devenu une salle de concert. Il n’y avait ni projecteurs, ni fauteuils rouges, ni public en costume. Seulement les montagnes, quelques animaux, le ruisseau et un homme qui chantait avec son violon fait d’un bidon d’essence. Rouidate, une salle bien plus prestigieuse que toutes celles qu’il aurait pu fréquenter en ville.

Noureddine n’ira probablement jamais à Sebta. Et si ses pas devaient un jour le conduire jusque-là, ce ne serait certainement pas pour franchir une frontière à la recherche d’une vie meilleure.

« Si un jour je vais à Sebta, ce sera pour célébrer sa libération des mains de l’occupant espagnol ». Voilà une déclaration qui aurait pu, à elle seule, faire bondir tous les députés du Parlement marocain. Derrière le chanteur et le musicien, Noureddine serait-il un politicien qui s’ignore ?

Noureddine n’est pas un futur migrant contrarié. Il n’est pas un homme qui rêve secrètement d’Europe en attendant le moment favorable. Mais il n’est pas non plus quelqu’un qui condamne ceux qui ont fait ce choix. Il sait que chacun porte son histoire, ses contraintes et ses rêves. Les hommes du douar qui ont tenté la migration vers Sebta ne sont pas, à ses yeux, des traîtres à leur terre ni des hommes à blâmer.

Ils ont simplement pris une autre route. Lui a choisi de rester. Il regarde dans une autre direction. Il regarde sa terre. Il regarde son douar. Il regarde ses enfants courir. Il regarde ses animaux. Et parfois, il regarde son violon.

Au moment où j’écris ces lignes, d’ailleurs, un autre violon est en route vers le barrage de Rouidate. Un vrai. Un violon avec du bois, quatre cordes, une caisse de résonance et, surtout, la délicieuse inconvenance de ne pas avoir été fabriqué avec un contenant d’essence. Il arrivera bientôt chez Noureddine.

Le violon ne cherchera pas à traverser la frontière. Il demandera simplement refuge chez lui. Il sera, j’en suis certain, reçu avec tous les égards.

Entre Sidi Battache et Sidi Yahya Zaer, sous les montagnes qui surplombent le barrage, Noureddine aura peut-être enfin son véritable trésor.

Pas besoin d’aller le chercher ailleurs.

Par Mohamed Lotfi
0 Comments
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Abonnez-vous à notre newsletter

Catégories

  • ACTUALITÉS
  • Afrique
  • Amériques
  • Asie
  • Culture
  • Economie
  • ENTRETIENS
  • Entretiens et Dossiers
  • Europe
  • Faits divers
  • Femme
  • International
  • Interview
  • Interviews
  • Jeux
  • LE BAROMETRE
  • Les Informations
  • Lifestyle
  • Local
  • Maroc
  • Monde
  • MRE
  • National
  • Politique
  • Reportages
  • S-International
  • Santé
  • Sport
  • Technologie
  • Uncategorized
  • Videos
  • Viral

Actualités

Noureddine n’ira pas à Sebta

Noureddine n’ira pas à Sebta

août 18, 2026
Roberto Carlos, une Marocaine et l’islam : la nouvelle vie de la légende brésilienne

Roberto Carlos, une Marocaine et l’islam : la nouvelle vie de la légende brésilienne

août 18, 2026

Abonnez-vous à notre newsletter

Suivez-nous

  • Contactez Nous

Actu-maroc fait peau neuve pour une meilleure visibilité et pour se mettre à la hauteur des attentes.

© 2024 Actu-Maroc - Tous droits réservés 2024- Made by ProWeb Media 

  • Publicités
  • Politique de confidentialité
  • Conditions d’utilisation
  • RGPD

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
No Result
View All Result
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
    • All
    • Faits divers
    • International
    • Maroc
    • LE BAROMETRE
  • Culture
  • Politique
  • Economie
  • Sport
    • Entretiens et Dossiers
    • S-International
    • National
  • Lifestyle
    • Femme
  • Video
  • Marocains du monde
    • Interview
    • Les Actualités
  • ENTRETIEN
    • Interviews
    • Reportages
  • Publicités
  • Contact

© 2022 Actu-maroc.com

wpDiscuz
0
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
()
x
| Répondre
siaracash
×