Les justiciables marocains n’en peuvent plus du gel des activités dans les tribunaux et ne savent plus à quel saint se vouer pour trouver une issue à leurs dossiers bloqués.
La grève déclenchée par les barreaux du Maroc pour protester contre la réforme de la profession d’avocat ne semble pas près de connaître son dénouement. Leur prochaine réunion, prévue au début du mois prochain, ne devrait pas annoncer la fin du mouvement. Bien au contraire, la perspective d’une prolongation pour une durée indéterminée, voire d’un durcissement de la mobilisation, reste sur la table.
Pris en otage par ce bras de fer, les justiciables sont les premières victimes du retard accumulé dans le traitement de leurs dossiers. Parmi eux figurent de nombreux Marocains résidant à l’étranger, venus au pays pendant leurs vacances dans l’espoir de faire avancer leurs procédures et contraints, pour certains, de repartir bredouilles et dépités.
Cette crise, d’une ampleur rarement observée dans le fonctionnement de la justice marocaine, met en lumière deux réalités : d’une part, la force de mobilisation des avocats lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de leur profession ; d’autre part, l’absence, jusqu’ici, d’une médiation susceptible d’ouvrir la voie à un compromis. Dans une partie de la profession, certains continuent d’ailleurs d’espérer une intervention royale susceptible de favoriser une sortie de crise.
Déçues par la position de la Cour constitutionnelle, jugée défavorable à leurs revendications, les robes noires maintiennent jusqu’à nouvel ordre la suspension de plusieurs activités, notamment les plaidoiries et l’assistance judiciaire. Les avocats disent être conscients des conséquences de leur mouvement sur les justiciables, dont certains attendent des décisions urgentes. Ils affirment cependant agir par solidarité avec leurs instances représentatives et par fidélité à la défense des intérêts de leur profession, quitte à prolonger le bras de fer.
Reste une question qui illustre toute l’acuité de cette crise : qu’en est-il des centaines de personnes ayant récemment bénéficié de la grâce royale ? Pourront-elles retrouver immédiatement leur liberté lorsque les formalités judiciaires l’exigent, ou certaines risquent-elles, elles aussi, de subir indirectement les conséquences du conflit ?
Une interrogation qui rappelle surtout l’urgence de renouer le dialogue. Car derrière le bras de fer entre les avocats, le Parlement et le ministère de la Justice, ce sont d’abord les justiciables qui paient le prix d’un conflit qui n’a que trop duré et dont les échos dépassent désormais les frontières du Royaume.












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Merci pour votre article qui met un peu de lumière sur les disfonctionnements inormalesde notre justice..
La corruption est vraiment le vrai problème..
J’en suis victime..
Toute l’administration marocaine m’a pompé jusqu’à l’os..suite à mon accident perpétué par mon cousin alors que j’étais passager dans mon véhicule (en prétant le volant à celui-ci..).
Merci la justice marocaine..
C’est le moment de régler tout problème ou conflit à l’amiable. La paralysie des tribunaux a contribué à la diminution de la corruption.
La loi a été publiée au BO et est désormais en cours d’application.
Il ne reste plus aux avocats que de durcir un maximum leur contestation. Mais je crains qu’en regard du contrôle administratif renforcé via la cours des comptes et le procureur, l’arbitrage royal, si besoin, ne sera pas en faveur des avocats. Je doute d’ailleurs de son intervention parce que plusieurs textes et la constitution elle-même permettront d’obliger les avocats à exercer leurs fonctions.
Le gouvernement actuel est volontiers libéral voire ultra-libéral quand il s’agit d’économie, mais quand il s’agit de pouvoir, et ici de justice, bizarrement, il devient centralisateur et communiste.
Maintenant que l’administration a mis une première main sur la manne de la gestion de l’argent des justiciables (principal point de divergence avec celui des contrôles renforcés sur les comptes et la pratique des avocats par l’administration, et accessoirement sur l’accès à la profession), nous verrons ce qu’il en advient.
Les avocats ont une mauvaise stratégie. Ce blocage en bloc est non seulement insoutenable, et également voué à l’échec. Mais je peux encore me tromper. Et nous ne pouvons qu’être d’accord avec eux sur le fait que la réforme ne prévoit aucun contre pouvoir sur les décisions administratives qui pourraient les concerner. Ils sont mis aux pas via leurs bâtonniers, on ne peut plus vraiment parler de profession libérale mais plutôt de demi-fonctionnaires.
La loi n’est pas le Coran.
Tout texte qui n’est conforme à la réalité ou au bien être du marocain peut et doit être changé.
Donc ne parons pas du fait qu’une fois la loi publiée elle devient …,
Si la loi était inspirée du Noble Coran. Nous serions heureux puisque cela imposerait que personnne n’est au dessus de la loi. Ce qui contrevient au vouloir de l’administration d’être au dessus de la loi finalement. Aucune démocratie, aucun gouvernement au monde ne s’impose strictement cette obligation. La loi serait également plus stable et prévisible, ce qui aboutirait à une justice qui met sur un pied d’égalité tous les citoyens peu importe leur statut social.
Concernant la stratégie de la démission des bâtonniers, je trouve que c’est un choix difficile et aux conséquences imprévisibles. S’il n’y a pas de repreneurs, cela va aboutir à un blocage pur et dur. C’est certes le meilleur cadeau pendant les élections qui peut être fait à ce gouvernement et parti. Mais les conséquences peuvent être difficiles à prévoir.
Ce bras de fer est le réel visage du ministre de la justice.
Puisqu’il a de ide de ne plus exercer son premier métier, autant créer le trouble au sein de cette instance judiciaire.
À mon avis le seul responsable reste ce ministre qui croit que la justice peut être faite selon son humeur et appréciation.
Vivement qu’il quitte la scène politique et la scène tout court.