Les crises à répétition s’accélèrent depuis la ruée vers Ceuta de la semaine dernière, qui a laissé des plaies ouvertes ne pouvant être refermées que par le dialogue et une opération diplomatique chirurgicale pour cerner le mal et l’extraire de liens pourtant solides.
Le vrai problème réside dans la pression exercée sur le Maroc pour lui faire porter la responsabilité d’un événement dramatique qui ne concerne les autorités ni de près ni de loin, mais pour lequel elles ont affiché toute leur bonne volonté afin de contribuer à sa résolution. Mais la droite et l’extrême droite espagnoles ont refusé de prêter l’oreille à cet engagement, préférant se maintenir aveuglément dans une posture d’hostilité maladive à l’égard du Maroc, qui se résume à lui faire porter le chapeau de tous les maux de l’Espagne. Les arrière-pensées électoralistes y sont pour beaucoup et le resteront probablement jusqu’aux élections.
En attendant, une autre crise, encore plus grave, vient de s’ouvrir avec la possibilité, attribuée au roi d’Espagne, d’effectuer une visite officielle à Ceuta pour apporter son soutien à la population locale, qui se serait sentie « traumatisée » par cette « ruée marocaine » à ses frontières et dans ses rues, avec le sentiment d’avoir été abandonnée par Madrid. Depuis 19 ans, date de la dernière visite royale dans cette enclave au Maroc, qui avait été à l’origine d’une crise diplomatique, les bonnes relations avaient été préservées après l’apaisement qui avait succédé à la colère de Mohammed VI, artisan d’un nouveau rapport de forces favorable avec Madrid.
Il a fallu aujourd’hui que des jeunes en mal de repères osent transgresser les frontières de la diplomatie et franchir en masse, illégalement, la frontière pour voir la tension monter chaque jour d’un cran, à la grande satisfaction des réactionnaires espagnols, déterminés à tirer un profit politique et électoraliste de ces malentendus pour faire tomber le gouvernement Sánchez, qui avait considérablement amélioré les relations avec Rabat.



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