L’Espagne voulait européaniser la crise de Ceuta pour mieux mettre le Maroc sous pression. L’exercice vient pourtant de produire un effet inattendu : en transportant le dossier jusqu’au Parlement européen, Madrid a également contribué à remettre sur la table une question qu’elle considère depuis longtemps comme définitivement réglée, celle du statut même de la ville.
La petite phrase est venue de Strasbourg. L’eurodéputée italienne Ilaria Salis a déclaré sans détour que « Ceuta n’est pas l’Espagne » et « n’est pas l’Europe », allant jusqu’à inscrire la présence espagnole sur cette partie du territoire nord-africain dans un héritage colonial.
Une déclaration qui ne constitue évidemment pas la position de l’Union européenne, mais dont la portée politique n’est pas anodine.
D’autant qu’une autre voix, celle de l’eurodéputée suédoise Abir Al-Sahlani, est venue rappeler une évidence géographique souvent évacuée du débat : Ceuta appartient administrativement à l’Espagne et à l’Union européenne, mais se trouve bel et bien sur le continent africain.
À Madrid, le sujet est particulièrement sensible. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est d’ailleurs empressée de fermer la parenthèse en martelant devant les députés : « Ceuta est l’Espagne. Ceuta est l’Europe. »
Une réponse sans ambiguïté qui confirme la position institutionnelle européenne, mais qui n’efface pas pour autant ce qui vient de se produire dans l’hémicycle.
Car vu de Rabat, l’épisode ne manque pas de sel.
Depuis des décennies, le Maroc considère Sebta comme un territoire occupé et conteste la souveraineté espagnole sur cette ville située à quelques kilomètres de Tétouan. Madrid, de son côté, refuse catégoriquement toute comparaison avec d’autres contentieux territoriaux et considère le dossier comme clos.
Or, en cherchant aujourd’hui à transformer Ceuta en frontière européenne nécessitant davantage de solidarité et de protection communautaires, l’Espagne expose mécaniquement son statut aux regards et aux interrogations de ses partenaires.
Deux eurodéputées ne feront naturellement pas basculer la position de Bruxelles. Mais un précédent politique vient d’être créé : à Strasbourg, ce qui était pratiquement indicible a été publiquement prononcé.
Madrid voulait placer le Maroc au centre du débat européen sur Ceuta. Elle découvre que lorsque l’on ouvre une porte à Strasbourg, il devient difficile de décider seul des questions qui peuvent la franchir.
Par Abdelrhni Bensaid












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Certains pays européens ont dit non pour la Turquie en justifiant qu’elle ne fait pas vraiment partie de l’Europe géographiquement pour rappel.
Pire, l’Europe se donne une très mauvaise image en Afrique avec ces barbelés et cette militarisation via drônes, hélicoptères, et surveillance satellitaire d’un territoire africain. Déjà que la France a du mal à maintenir les pays dominés par le franc CFA sous son giron et que les autres pays européens sont concurrencés par la Chine et la Russie entre autres pays. De plus, ça fait le jeu des extrêmistes espagnols anti-europe (et anti-tout en réalité), sauf pour mendier de l’aide évidemment. Les russes en seront ravis de les voir gagner les élections.
Et puis, pourquoi certains pays européens ont refusé l’union de la médaterranée et accepterait ces enclaves sous perfusion colonialiste ?
La diplomatie va réveiller quelques évidences.
Sebta et Mellila colonisé depuis longtemps par l Espagne sont géographiquement en Afrique au Maroc. L union européennes doivent réagir rapidement contre l Espagne pour restitué les territoires Marocains colonisé depuis longtemps. L ensemble des Marocains sont prêts pour aller aux fronts pour libérer la totalité des territoires Marocains colonisé par l Espagne.
ما ضاع حق ورائه مطالب
Ils l’ont toujours été. Il n’y a simplement aucune utilité à le faire pour l’instant.
Je rappelle que les musulmans d’Afrique du Nord ont dirigé l’Espagne pendant près de 8 siècles quand même. Ces territoires ont une valeur symbolique pour certains espagnols qui souhaitent les garder le plus longtemps possible vis à vis de l’histoire, même si en réalité ça ne fait pas le poids.
La première conquête de l’Espagne fut en réponse aux croisades, et a permis de libérer les chrétiens d’Espagne dominés par les Wisigoths qui les maltraîtaient.
Il n’y a pour l’instant aucune intention de répondre à la colonisation. Ils ont le choix entre clôturer cette page de l’histoire et construire une relation intelligente, ou la laisser ouverte voire pire s’extrêmiser avec dans ce cas un risque, à terme, d’un nouveau retour de bâton.
Ceci dit, il n’y a aucune utilité à utiliser la force pour reprendre ces territoires. Ils tomberont tous seuls parce que la mer va de nouveau redevenir une barrière infranchissable entre les nations. Il faut pour l’instant laisser la coût exhorbitant de ce caprice aux espagnols, et in fine aux européens qui soutiennent ça. Cela permet également d’avoir un avantage politique et diplomatique en démontrant l’incapacité des européens à vivre en paix sans barbelés (voire sans instiguer des guerres) en Afrique quand ce sont eux qui dirigent.
Évidemment, rendre ces territoires d’eux-même impliquerait un geste historique avec une portée symbolique forte en regard de l’histoire. Mais est-ce bien leur intention ? Veulent-ils vraiment apaiser les relations pour qu’elles deviennent fraternelles ? Ou souhaitent-ils garder la possibilité de relancer l’abjection du colonialisme ou peut-être des croisades ? C’est à eux de voir parce que l’histoire ne pardonne pas les injustes.
Sur le long terme, voire dans un futur proche, l’Espagne a beaucoup plus à y perdre qu’à y gagner. Et l’Espagne perd déjà beaucoup financièrement. Et économiquement, elle sera de plus en plus dépendante des ressources africaines.
Le colonialisme, même au XXIe siècle
Pourquoi ne pas faire une manifestation citoyenne dans tout le territoire réclamant la fin du colonialisme et une grande médiatisation en Europe Espagne compris pour dénoncer cette injustice coloniale.