« Paralysons-les pour les récupérer », l’appel résonne désormais comme un refrain parmi des Marocains de tous horizons et de toutes catégories sociales qui, lassés des messages vengeurs après l’assaut contre l’enclave de Sebta, se disent favorables à l’isolement de celle-ci ainsi que de Melilia.
La chose s’est déjà vue, mais uniquement sur le plan économique, lorsqu’il s’est agi de réduire le commerce avec les deux villes, dont l’activité dépend fortement des échanges avec le Maroc et de l’approvisionnement des Marocains en produits divers. Deux cités qui demeurent, aux yeux de Rabat, les vestiges du colonialisme espagnol malgré le cours changeant de l’Histoire.
Les Marocains qui suivent l’actualité autour de ces deux enclaves ne cessent, depuis le 30 juillet 2026, d’exprimer colère, acrimonie et indignation à l’égard du Parti populaire (PP) et de Vox, accusés de porter atteinte à l’image du Royaume, voisin qui dérangerait désormais par son développement, ses avancées et ses relations privilégiées avec la France et les États-Unis.
Entre les insultes visant le Maroc, les discours hostiles aux ressortissants marocains vivant en Espagne, parfois qualifiés de « Moros », et les appels à durcir radicalement les relations avec Rabat autour de Sebta et Melilia, l’hypothèse d’une arrivée au pouvoir de la droite et de l’extrême droite espagnoles inquiète désormais sur la rive sud du détroit de Gibraltar.
« PARALYSER » LES DEUX ENCLAVES ?
Pour certains, la messe serait donc dite. Il n’y aurait plus rien à attendre d’une Espagne qui serait demain dirigée par des forces ouvertement hostiles au Maroc.
D’où cette idée, de plus en plus radicale : prendre les devants en réduisant les liens avec le voisin ibérique et en fermant durablement davantage les frontières avec Sebta et Melilia, afin d’accentuer leur isolement économique.
L’objectif de ceux qui défendent cette stratégie est clairement assumé : rendre les deux enclaves de moins en moins viables économiquement, pousser une partie de leurs habitants à les quitter et faciliter, à terme, leur récupération par le Maroc.
Une stratégie de rapport de force aux conséquences considérables, notamment pour les populations et les échanges transfrontaliers, et qui ne constitue évidemment pas, à ce stade, une politique officiellement annoncée par Rabat.
Mais elle témoigne d’une chose : la tension monte dangereusement de part et d’autre du détroit, tandis que la perspective d’un retour rapide à une relation paisible semble s’éloigner.












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