En Espagne, la droite, l’extrême droite et les milieux hostiles au Maroc, réunis et parlant de la même voix, ont lancé une campagne violente contre l’organisation du Mondial 2030 en raison de risques sérieux de voir, comme à Ceuta, une ruée de Marocains tenter une entrée en force sur le territoire espagnol. Ce discours est sérieux et de grande ampleur.
À l’approche des élections législatives, c’est toute la politique menée par les socialistes dans ses relations avec le Maroc qui est descendue en flammes depuis la semaine dernière, pour accuser le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, d’être trop conciliant avec Rabat, d’être passif sur l’immigration clandestine et de lui faire trop de cadeaux, notamment sur le Sahara, dans des relations d’un partenariat plus avantageux.
Ce langage voulant remettre en cause tout le climat de voisinage bâti patiemment ces dernières années a mis au goût du jour, par médias interposés, une hostilité manifeste à l’égard du Maroc, qui, en cas de départ des socialistes de la primature à Madrid, verrait ce type de réactions s’accentuer pour appeler Rabat à revoir ses relations avec Madrid de fond en comble. Les signaux envoyés ces jours-ci ne prêtent guère à l’optimisme et pourraient devenir, à terme, un indicateur avant-coureur de l’avenir.
Le Maroc occupe désormais négativement une place prépondérante dans les discussions, les meetings et les médias sympathisants des conservateurs proches du pouvoir, pour annoncer un avenir incertain dans les relations entre les deux pays. Cette situation est venue mélanger dans les esprits Mondial 2030, Ceuta et Melilla, le chômage des Espagnols aggravé par les immigrés marocains et les étrangers naturalisés en masse, les produits agricoles envahissants jusqu’au prétendu surarmement du Maroc contre l’Espagne.
En conclusion, tout ce qui peut renforcer l’électorat de la droite conservatrice et son allié extrémiste de la droite radicale a été offert sur un plateau doré par les événements de Ceuta et Melilla, pour enrichir l’argumentaire de leur hostilité envers les Marocains et leur pays voisin, pour lequel ils prévoient une politique de rupture.
Par Jalil Nouri












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