Il y a des discours que l’on écoute avec sa raison. Et puis il y a ceux qui vous touchent sans que vous sachiez vraiment pourquoi.
Le discours du Trône de cette année a été celui-là.
Pendant quelques minutes, je n’ai pas eu le sentiment d’écouter un chef d’État. J’ai eu l’impression d’entendre un père. Un père qui regarde le chemin parcouru avec ses enfants, fier de ce qui a été construit ensemble, sans jamais oublier tout ce qu’il reste encore à accomplir.
Ce qui m’a le plus frappée n’est pas ce que Sa Majesté, Que Dieu le protège, a annoncé. C’est la manière dont il a parlé.
Lorsqu’il dit qu’il n’a « jamais recherché de gloire personnelle », je n’entends pas seulement une formule politique. J’entends un homme qui rappelle que le pouvoir n’a de sens que lorsqu’il est mis au service des autres.
Lorsqu’il évoque la stabilité comme le plus précieux des biens, je n’entends pas un concept institutionnel. J’imagine des familles qui osent faire des projets, des enfants qui grandissent en paix, des entrepreneurs qui investissent, des jeunes qui continuent à croire en leur avenir.
Et lorsqu’il regarde le chemin parcouru, je n’y vois pas de triomphalisme. J’y ressens une émotion discrète. La fierté d’un Roi qui contemple l’histoire du Maroc, ses traditions, ses institutions et son peuple, comme on regarde une œuvre patiemment construite au fil des générations.
Dans un monde où tant de dirigeants parlent d’eux-mêmes, j’ai eu le sentiment d’entendre quelqu’un qui parlait d’abord de son pays.
Et cela change tout.
Au-delà des chiffres, des projets et des réformes, j’ai ressenti quelque chose de profondément humain : la volonté de continuer à veiller.
Mais, en refermant ce discours, une autre pensée m’est venue.
Si Sa Majestéle Roi, Que Dieu le protège, parle autant de sa responsabilité, qu’en est-il de la nôtre ?
Un pays ne se bâtit pas seulement depuis les institutions. Il se construit dans nos écoles, nos entreprises, nos administrations, nos hôpitaux, nos quartiers et nos familles. Chaque fois que nous faisons notre travail avec conscience. Chaque fois que nous refusons la corruption, que nous respectons le bien commun, que nous transmettons des valeurs à nos enfants ou que nous choisissons l’intérêt collectif plutôt que la facilité.
Nous parlons souvent de ce que le Maroc doit faire pour les Marocains.Peut-être est-il temps de nous demander aussi ce que chaque Marocain peut faire pour son pays.
Être citoyen, ce n’est pas seulement aimer le Maroc.C’est accepter d’en devenir, chacun à notre place, un gardien.
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à ce discours ne sera pas de l’applaudir.Ce sera de lui répondre.Non par des mots, mais par notre manière d’être Marocains.
Parce qu’un Roi peut montrer un cap.Mais seul un peuple de citoyens peut conduire un pays jusqu’à sa destination.
Par Meriem SMIDI












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Tout à fait d’accord
Bravo Meriem, pour ce magnifique article !
Magnifique tu as su capter l’essence du Discours du Trône avec une plume à la fois sensible et engagée, la manière dont tu mets en lumière l’humanité derrière les mots, et la responsabilité partagée entre le Roi et son peuple, est inspirante.
Continue à écrire ainsi, avec sincérité, clarté et fierté, tes mots donnent envie de réfléchir, mais surtout d’agir.
Avec l’art et la manière..
Bravo pour cet article qui rejoint exactement le discours d’un certain John Filtzgerald Kennedy..: Ne demandez pas à votre pays ce qu’il peut pour vous..mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour lui..
Il est le garant de la continuité civilisationnelle de l’Etat le plus vieux au monde dans sa continuité. Et, oui, il incombe aux Marocains de faire leur part du travail. Les premiers de ces Marocains doivent être les élites marocaines qui doivent travailler dur et impulser une dynamique. Les Marocains doivent accepter l’ère industrielle annoncée et également travailler dur. C’est ce qui créera de la richesse. La tâche est grande et nécessite des élites créatrices dans ce que le Maroc porte de plus beau. La culture marocaine est suffisamment riche pour y arriver.