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L’université en effervescence avant la rentrée

août 6, 2026
in ACTUALITÉS, Maroc
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Plusieurs étincelles apparaissent en plein mois d’août, laissant prévoir une rentrée bien agitée qui ne se fera pas sous le mandat d’un ministre donné pour partant.

Après la programmation par les syndicats du personnel administratif d’une série de grèves de longue durée, avant, pendant et après la prochaine reprise des cours, c’est au tour d’un récent décret instaurant des frais d’inscription de l’ordre de 20 000 DH, dont devront s’acquitter les fonctionnaires poursuivant leurs études supérieures ainsi que les étudiants salariés, tous cherchant à enrichir leur cursus et à progresser socialement.

Prise à la hâte et sans concertation, ni avec les représentants des concernés ni avec les syndicats d’enseignants, cette mesure impopulaire a fait l’effet d’une douche froide et créé un profond malaise qui pourrait se prolonger bien au-delà de la rentrée universitaire. Cette décision, susceptible d’inciter une bonne partie des inscrits à abandonner leurs études et leurs ambitions d’un avenir meilleur, n’est certes pas illégale, mais elle reste incompréhensible pour tous et surprenante au moment où l’État devrait plutôt encourager les inscriptions des salariés studieux et assidus à fréquenter les facultés.

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L’opinion publique, qui, tout naturellement, montre sa solidarité avec les personnes concernées, n’a pas hésité à voir dans cette mesure le début d’une remise en cause progressive de la gratuité de l’enseignement public, qui pourrait, selon certains, s’étendre à terme au secondaire, puis au primaire, avant d’atteindre, dans une ultime étape, le préscolaire. Ce scénario catastrophe se réalisera-t-il avec ces premiers signes d’un désengagement progressif de l’État de certains secteurs sociaux, déjà perceptible dans plusieurs domaines et mal accepté par la population, comme la décompensation ou encore la fin de la gratuité généralisée dans les hôpitaux ?

Ce cadeau empoisonné de fin de mandat du gouvernement Akhannouch porte un nom : celui de Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, qui n’aura pas laissé la meilleure empreinte à la tête de ce département, marqué par un manque de visibilité criant en matière de réformes et de résultats, dans une université toujours confrontée à de profondes difficultés.

Par Jalil Nouri

4 Comments
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Un citoyen
4 jours il y a

Cela dépend des financements. Si les fonctionnaires et les salariés peuvent se faire subventionner leurs cursus par leurs employeurs respectifs, ça pourrait donner un peu plus de finance aux universités. Il faudrait également prévoir des avantages fiscaux ou autres à ceux qui subventionnent. Et si rien n’est possible, dans ce cas prévoir un barême allant jusqu’à la gratuité. Mais imposer un tarif générique démontre effectivement une mauvaise méthode.

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HMAM
4 jours il y a

Instaurer des frais de scolarité pour les fonctionnaires à l’université marocaine : une décision légitime, équitable et conforme aux standards internationaux

Depuis quelque temps, plusieurs prises de position s’opposent à l’instauration de frais de scolarité pour les fonctionnaires souhaitant poursuivre une formation universitaire. Ces critiques présentent cette mesure comme une atteinte au principe de gratuité de l’enseignement supérieur. Une telle lecture est incomplète et ne résiste ni à l’analyse économique, ni à la comparaison internationale.

Il convient tout d’abord de rappeler une évidence : les fonctionnaires concernés ne sont pas des étudiants entrant dans l’enseignement supérieur pour leur formation initiale. Il s’agit d’adultes déjà diplômés, bénéficiant d’un emploi stable, d’un salaire versé par l’État et recherchant une nouvelle qualification afin d’améliorer leur carrière, leurs compétences ou leur progression professionnelle. Cette formation constitue donc un investissement personnel et professionnel dont ils seront les premiers bénéficiaires.

L’université marocaine mobilise pour ces formations les mêmes ressources humaines et pédagogiques que pour les étudiants en formation initiale. Les cours seront dispensés par les mêmes professeurs universitaires, dont les compétences scientifiques et pédagogiques sont reconnues. Les diplômes délivrés auront la même valeur académique. Il est donc parfaitement légitime que ces formations fassent l’objet d’une contribution financière permettant de couvrir une partie des coûts d’encadrement, d’équipement, de maintenance des infrastructures, de bibliothèques, de plateformes numériques et de services administratifs.

Contrairement à certaines affirmations, cette mesure ne remet nullement en cause le principe de gratuité de l’enseignement supérieur destiné aux jeunes étudiants. Elle distingue simplement deux situations fondamentalement différentes : d’une part, la formation initiale des jeunes, qui relève d’une mission essentielle de l’État, et d’autre part, la formation continue de professionnels déjà insérés dans la fonction publique.

Un autre argument mérite d’être souligné avec force : l’organisation pédagogique prévue est particulièrement respectueuse du service public. Les fonctionnaires suivront leurs enseignements en soirée ainsi que les samedis et dimanches, précisément afin de continuer à assurer normalement leurs missions administratives durant les heures de travail. Cette organisation évite les absences répétées, les autorisations de sortie, les perturbations du fonctionnement des administrations et les pertes de productivité souvent constatées lorsque des agents quittent leur bureau pour assister à des cours durant la journée. L’État, les administrations et les citoyens sont ainsi les premiers bénéficiaires de cette organisation responsable.

Les opposants à cette réforme semblent ignorer que la quasi-totalité des grands systèmes universitaires performants appliquent précisément ce modèle.

Aux États-Unis, les universités publiques comme privées financent une part importante de leurs activités grâce aux frais de scolarité. Malgré leur coût, elles figurent régulièrement parmi les meilleures au monde en matière de recherche, d’innovation et de production scientifique.

Au Royaume-Uni, les étudiants acquittent des frais universitaires importants, y compris dans les établissements publics. Les universités britanniques comptent pourtant parmi les plus prestigieuses de la planète et disposent de moyens considérables pour attirer les meilleurs chercheurs.

En Australie, les droits universitaires sont largement admis et peuvent être remboursés progressivement grâce à des mécanismes adaptés aux revenus des diplômés. Ce système est considéré comme l’un des plus efficaces pour concilier qualité académique et équité.

Au Canada, la gratuité universelle n’existe pas. Les universités publiques demandent des frais de scolarité, variables selon les provinces et les programmes, tout en proposant des bourses et des mécanismes de soutien. Les établissements canadiens occupent régulièrement les premières places dans les classements internationaux.

Même dans plusieurs pays européens où les frais sont relativement modérés, la formation continue destinée aux salariés, aux cadres et aux fonctionnaires est très souvent payante. Les employeurs ou les bénéficiaires eux-mêmes participent à son financement. Il s’agit d’une pratique internationale largement répandue.

L’expérience mondiale montre qu’un financement diversifié constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des universités. Les ressources issues des frais de scolarité permettent notamment :

d’améliorer les laboratoires et les équipements pédagogiques ;
de renforcer les bibliothèques physiques et numériques ;
de développer les plateformes d’enseignement à distance ;
de financer des programmes de recherche et d’innovation ;
d’attirer et de fidéliser des enseignants-chercheurs hautement qualifiés ;
d’améliorer les services offerts aux étudiants.

Refuser toute contribution financière de fonctionnaires déjà rémunérés reviendrait paradoxalement à faire supporter l’intégralité du coût de leur progression professionnelle par l’ensemble des contribuables, y compris ceux qui ne bénéficieront jamais de cette formation. Une telle situation poserait une véritable question d’équité.

Au contraire, demander une participation raisonnable constitue un principe de responsabilité. Cette contribution ne représente pas une pénalisation mais un investissement dans un diplôme dont les retombées profiteront directement au fonctionnaire tout au long de sa carrière, notamment en matière de promotion, de rémunération et de mobilité professionnelle.

Enfin, les revenus générés par ces formations pourraient être réinvestis intégralement dans l’amélioration des universités marocaines : modernisation des infrastructures, acquisition d’équipements scientifiques, développement de nouvelles formations professionnalisantes, soutien à la recherche et amélioration de la qualité de l’enseignement. Les premiers bénéficiaires seraient ainsi l’ensemble de la communauté universitaire et, plus largement, l’économie nationale.

L’enseignement supérieur représente un investissement stratégique pour le développement du Maroc. La formation continue des fonctionnaires doit s’inscrire dans une logique de qualité, de responsabilité et de durabilité financière. L’instauration de frais de scolarité raisonnables, associée à une organisation des cours en soirée et durant les week-ends afin de préserver la continuité du service public, constitue une réforme équilibrée, moderne et conforme aux meilleures pratiques internationales.

Les débats doivent s’appuyer sur les faits plutôt que sur des positions idéologiques. L’expérience des universités les plus performantes dans le monde démontre qu’une contribution financière des bénéficiaires est parfaitement compatible avec l’excellence académique, l’équité sociale et l’intérêt général.

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Un citoyen
3 jours il y a
Répondre à  HMAM

Je suis d’accord avec vous sur la nécessité des financements de l’université. Mais nous sommes en fort désaccord sur la méthode.

Pourquoi citer uniquement les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, et l’Australie pour ensuite noyer le poisson et expliquer que c’est le standard international ?

Ce standard n’existe pas en France, qui a la meilleure recherche européenne, et qui est basé sur la gratuité ainsi que sur un système communiste tout comme la Russie et la Chine. En Allemagne également. Cela rend votre modèle minoritaire parmi les nations les plus puissantes du monde.

Par ailleurs, les classements internationaux sont généralement réalisés par une notation non partiale et destinée à standardiser les universités selon la vision politique des émetteurs de ces classements. Ces classements ne sont pas neutres.

Donc, je crains que vous démontrez que l’objectif est de faire payer à terme les étudiants en les endettants. C’est tout à fait honteux et méprisable. Si vous êtes encore musulman, vous pairez cher cet outrage devant notre Créateur en proposant un modèle usurier alors que d’autres modèles beaucoup plus performants existent.

Les universités basées sur le modèle usurier ne sont pas un standard qui a été adopté par la majorité des pays. Et encore moins le plus performant. Les Américains sont réputés pour être des idiots qui ne connaissent même pas une carte géographique. Et ils sont actuellement concurrencés et même dépassés dans beaucoup de secteurs de compétitivité par les universités dont le modèle est communiste, c’est à dire gratuit et basé sur le mérite.

Êtes-vous capable de créer un modèle musulman marocain en remettant des mosquées dans nos chères universités, afin que les étudiants puissent comprendre et prendre la mesure de la philosophie des sciences en générale. Vous qui vous prévalez des universités prestigieuses anglo-saxones, chacune d’entre elles dispose d’une chapelle ou d’un lieu où les étudiants peuvent se recueillir. Ou peut-être préférez-vous les universités athées basées sur le modèle communiste ?

Votre vision est usurière, pécunière. Ma vision est spirituel, philosophique.

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Un citoyen
3 jours il y a
Répondre à  Un citoyen

Je souhaite également démontrer comment une vision religieuse, spirituelle, philosophique, se place au-dessus d’une vision usurière, pécunière, du copier coller et sans capacité de création.

Je vous cite :
« Enfin, les revenus générés par ces formations pourraient être réinvestis intégralement dans l’amélioration des universités marocaines : modernisation des infrastructures, acquisition d’équipements scientifiques, développement de nouvelles formations professionnalisantes, soutien à la recherche et amélioration de la qualité de l’enseignement. Les premiers bénéficiaires seraient ainsi l’ensemble de la communauté universitaire et, plus largement, l’économie nationale. »

Sachez que ces revenus sont normalement destinés à payer les frais générés par ces formations. Mais venir expliquer qu’ils vont servir au financement pour, je vous cite une deuxième fois toute honte bue tant vous êtes à côté de la plaque : « modernisation des infrastructures, acquisition d’équipements scientifiques, développement de nouvelles formations professionnalisantes, soutien à la recherche et amélioration de la qualité de l’enseignement » est soit un mensonge soit une profonde méconnaissance. Dans les deux cas, c’est extrêmement grave.

Très cher, pensez-vous être à la hauteur du financement en pétro-dollars américains ou encore à la hauteur de la richesse du Commonwealth anglais ? Parce que sachez que c’est le financement publique qui finance en très grande majorité les universités américaines et anglaises.

Donc, venir expliquer que les étudiants financeraient tout ça démontre que vous n’êtes pas éveillé à la réalité de notre monde. Si vous voulez être éveillé à la réalité, je vous invite à méditer auprès de l’Unique Réalité : Allah swt.

Je terminerai par une dernière chose. Je préfère une nation éduquée à des privilégiés qui dominent des aliénés.

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