Plusieurs étincelles apparaissent en plein mois d’août, laissant prévoir une rentrée bien agitée qui ne se fera pas sous le mandat d’un ministre donné pour partant.
Après la programmation par les syndicats du personnel administratif d’une série de grèves de longue durée, avant, pendant et après la prochaine reprise des cours, c’est au tour d’un récent décret instaurant des frais d’inscription de l’ordre de 20 000 DH, dont devront s’acquitter les fonctionnaires poursuivant leurs études supérieures ainsi que les étudiants salariés, tous cherchant à enrichir leur cursus et à progresser socialement.
Prise à la hâte et sans concertation, ni avec les représentants des concernés ni avec les syndicats d’enseignants, cette mesure impopulaire a fait l’effet d’une douche froide et créé un profond malaise qui pourrait se prolonger bien au-delà de la rentrée universitaire. Cette décision, susceptible d’inciter une bonne partie des inscrits à abandonner leurs études et leurs ambitions d’un avenir meilleur, n’est certes pas illégale, mais elle reste incompréhensible pour tous et surprenante au moment où l’État devrait plutôt encourager les inscriptions des salariés studieux et assidus à fréquenter les facultés.
L’opinion publique, qui, tout naturellement, montre sa solidarité avec les personnes concernées, n’a pas hésité à voir dans cette mesure le début d’une remise en cause progressive de la gratuité de l’enseignement public, qui pourrait, selon certains, s’étendre à terme au secondaire, puis au primaire, avant d’atteindre, dans une ultime étape, le préscolaire. Ce scénario catastrophe se réalisera-t-il avec ces premiers signes d’un désengagement progressif de l’État de certains secteurs sociaux, déjà perceptible dans plusieurs domaines et mal accepté par la population, comme la décompensation ou encore la fin de la gratuité généralisée dans les hôpitaux ?
Ce cadeau empoisonné de fin de mandat du gouvernement Akhannouch porte un nom : celui de Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, qui n’aura pas laissé la meilleure empreinte à la tête de ce département, marqué par un manque de visibilité criant en matière de réformes et de résultats, dans une université toujours confrontée à de profondes difficultés.
Par Jalil Nouri



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Cela dépend des financements. Si les fonctionnaires et les salariés peuvent se faire subventionner leurs cursus par leurs employeurs respectifs, ça pourrait donner un peu plus de finance aux universités. Il faudrait également prévoir des avantages fiscaux ou autres à ceux qui subventionnent. Et si rien n’est possible, dans ce cas prévoir un barême allant jusqu’à la gratuité. Mais imposer un tarif générique démontre effectivement une mauvaise méthode.