La mise en garde a fini par arriver, à travers une lettre d’interpellation adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce par un député de la gauche marocaine, Fatimi, du groupe socialiste. Celui-ci tire la sonnette d’alarme face à la multiplication sur le marché de prétendus parfums aux origines indéterminées, susceptibles de présenter des risques pour la santé des citoyens.
Ces produits contrefaits ou d’origine douteuse, écoulés en quantités exponentielles en raison de leurs très bas prix de vente dans les commerces et sur Internet, proviendraient pour une large part de circuits d’importation frauduleux. Ils viennent combler une demande croissante chez des Marocains très attirés par les parfums de grandes marques, mais dont le pouvoir d’achat ne permet pas toujours de faire face à des prix devenus exorbitants.
En l’absence d’une véritable industrie locale de la parfumerie, au sens propre du terme, capable de proposer à grande échelle des produits de qualité élaborés dans les meilleures conditions sanitaires, les consommateurs marocains n’ont souvent d’autre choix que de se rabattre sur des marques inconnues, parfois présentées dans des emballages trompeurs imitant ceux de produits réputés.
Mais beaucoup ignorent que certains de ces flacons, dont la composition et les conditions de fabrication restent inconnues, peuvent représenter un risque pour la santé et notamment pour la peau. L’utilisation de substances non contrôlées peut provoquer des réactions cutanées ou d’autres effets indésirables, avec des conséquences potentiellement durables.
Le phénomène prend d’autant plus d’ampleur que ces parfums ne sont plus cantonnés aux circuits informels traditionnels. Ils investissent désormais les épiceries, les débits de tabac et les plateformes de vente sur Internet, sans parler des vendeurs à la sauvette qui les proposent à des prix défiant toute concurrence.
Le député Fatimi a donc bien fait, en cette fin de mandat, de tirer la sonnette d’alarme sur un phénomène sournois dont les conséquences sanitaires et économiques pourraient être beaucoup plus graves qu’on ne le pense.
Par Salma Semmar












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