Le leader du Mouvement populaire, à un peu plus d’un mois des élections, continue d’accumuler les déboires, ce qui n’augure rien de bon pour la suite des événements.
Fortement contesté en interne, Mohamed Ouzzine vient notamment de voir son numéro deux, Driss Sentissi, quitter le navire pour rejoindre le Parti de l’Istiqlal. Ce dernier se serait senti de plus en plus à l’étroit face à un Ouzzine jugé omnipotent. Ce départ lui permet également de préserver ses chances lors des prochaines élections dans son fief de Salé, après avoir, semble-t-il, abandonné tout espoir de prendre un jour les commandes du MP.
Ce départ inattendu ne serait toutefois que la partie visible de la crise profonde que traverse cette formation historiquement associée au monde rural. Son influence dans ses bastions traditionnels semble s’être progressivement effilochée, alimentant les inquiétudes sur l’avenir du parti depuis que son ancien ténor, Mohand Laenser, a pris sa retraite politique, sans pour autant renoncer totalement à son influence dans son fief de Boulemane.
Concernant Ouzzine, les déboires politiques semblent se succéder. La contestation interne grandit et plusieurs cadres ont choisi de partir sous d’autres cieux. Pour tenter de compenser ces départs, le secrétaire général s’est lancé dans des recrutements parfois surprenants, dont le plus retentissant reste celui de la famille Chabat. Ouzzine lui a ouvert les portes du MP dans l’espoir de conquérir des sièges au Parlement, notamment à Fès, ville où la famille Chabat conserve des ambitions politiques après avoir longtemps fait les beaux jours de l’Istiqlal avant de le quitter. Une arrivée qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’a pas fait l’unanimité dans les rangs du Mouvement populaire.
Mais les difficultés auxquelles Ouzzine est confronté ne se limitent pas aux prochaines élections. Il fait actuellement face à une vive réaction d’une partie de la presse nationale et de ses organisations professionnelles après des propos controversés visant un acteur influent du paysage médiatique, le patron de la plateforme Chouf TV.
Les accusations et le vocabulaire particulièrement virulent employés dans cette polémique ont contribué à tendre davantage les relations. De son côté, le média concerné promet de nouvelles révélations et laisse entendre que l’affaire pourrait connaître d’autres rebondissements.
À quelques semaines du scrutin, Mohamed Ouzzine se retrouve ainsi confronté à plusieurs fronts simultanément : fronde interne, départs de cadres, recrutements contestés et bras de fer médiatique. Une accumulation de turbulences qui tombe au plus mauvais moment pour un Mouvement populaire en quête d’un nouveau souffle.
Par Jalil Nouri












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