L’affaire aurait probablement conservé la dimension d’un banal incident si l’un de ses protagonistes n’était pas le fils d’un ministre en exercice. Son placement en garde à vue à Tétouan, dans le cadre d’une enquête concernant une altercation présumée avec un policier, prend donc inévitablement une résonance particulière.
Le fils du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, est soupçonné d’avoir adressé des propos insultants à un membre des forces de l’ordre. À ce stade, il convient de rappeler une évidence : une garde à vue n’est pas une condamnation et la présomption d’innocence doit être scrupuleusement respectée.
Mais l’inverse est tout aussi essentiel : être le fils d’un ministre ne doit procurer aucun privilège.
C’est précisément sur ce terrain que cette affaire sera observée par l’opinion publique. Non pas parce que l’intéressé devrait être traité plus sévèrement en raison de son nom, mais parce qu’il doit être traité exactement comme n’importe quel autre citoyen placé dans une situation identique.
Si les faits sont établis, la procédure doit suivre normalement son cours. S’ils ne le sont pas, il doit naturellement être innocenté.
Il serait également injuste de transformer automatiquement cet incident en procès du ministre lui-même. La responsabilité est individuelle et un père n’a pas à répondre des actes éventuels de son fils majeur.
En revanche, l’affaire devient symbolique lorsqu’elle touche à la confiance des citoyens dans leurs institutions.
La meilleure réponse consiste donc à laisser la justice travailler librement, sans passe-droit ni acharnement.
Car devant la loi, il ne devrait exister ni fils de ministre, ni citoyen ordinaire : seulement des citoyens égaux en droits et en obligations.



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