Connue pour ses provocations à répétition sur les réseaux sociaux, Soukaina Jannah, plus connue sous le pseudonyme de Soukaina Glamour, se retrouve une nouvelle fois confrontée à la justice, plusieurs années après son incarcération dans la retentissante affaire « Hamza mon bb ».
L’influenceuse aurait été interpellée par les services de police à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca alors qu’elle s’apprêtait à quitter le territoire national à bord d’un vol à destination de l’étranger.
Son interpellation ferait suite à un avis de recherche émis à Marrakech dans le cadre d’une enquête concernant une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et jugée attentatoire à la pudeur. La séquence en question, dans laquelle elle aurait exhibé des parties intimes de son corps, aurait ainsi conduit les autorités à ouvrir une procédure.
Cette nouvelle affaire remet surtout en lumière les dérives que peut provoquer cette course effrénée aux vues, aux abonnés et au buzz, devenue pour certains créateurs de contenu un véritable modèle économique.
Soukaina Glamour a justement bâti une grande partie de sa notoriété numérique sur la provocation, les mises en scène et une exposition permanente de sa vie privée. Une stratégie qui lui a permis d’accumuler une importante audience, mais qui semble également l’avoir conduite à repousser toujours davantage les limites.
Car les réseaux sociaux ne constituent pas une zone de non-droit. La recherche d’audience, aussi rentable soit-elle, ne dispense personne du respect de la législation.
« Hamza mon bb », un précédent judiciaire lourd
Cette nouvelle interpellation prend surtout une dimension particulière au regard du passé judiciaire de l’influenceuse.
Soukaina Glamour connaît déjà l’univers carcéral de Marrakech.
En février 2020, le tribunal de première instance de Marrakech l’avait condamnée à deux ans de prison ferme et 10.000 dirhams d’amende dans le cadre de la retentissante affaire dite « Hamza mon bb ».
Cette affaire avait profondément marqué l’opinion publique marocaine. Elle tournait autour d’un compte anonyme sur les réseaux sociaux devenu tristement célèbre pour la publication d’informations privées, d’images et d’accusations visant différentes personnalités.
Les poursuites avaient notamment porté, selon les éléments judiciaires rapportés à l’époque, sur la participation à l’accès frauduleux à un système informatique, la diffusion d’images et de déclarations de personnes sans leur consentement, la diffusion de faits mensongers portant atteinte à la vie privée, la diffamation ainsi que la participation au chantage.
L’affaire avait pris une ampleur nationale en raison du nombre de personnalités dont les noms avaient été cités au cours de ses différents développements judiciaires, parmi lesquelles la chanteuse Dounia Batma et sa sœur Ibtissam.
Soukaina Glamour avait finalement quitté la prison de l’Oudaya à Marrakech le 14 octobre 2021, après y avoir purgé sa peine.
Jusqu’où aller pour faire le buzz ?
Ce passé judiciaire donne nécessairement une autre résonance à la nouvelle affaire.
Car après une condamnation aussi lourde et une expérience de la prison, on aurait pu imaginer que l’influenceuse se montrerait beaucoup plus attentive aux limites imposées par la loi.
Or, cette quête permanente de visibilité semble être devenue le moteur d’une partie de l’univers des influenceurs. Il faut provoquer davantage que la veille pour continuer à exister le lendemain. Un geste appelle une surenchère, une vidéo doit être plus spectaculaire que la précédente et le nombre de vues finit parfois par devenir la seule mesure du succès.
C’est précisément là que se pose une question plus large : jusqu’où peut-on aller pour quelques centaines de milliers de vues ?
Dans ce grand bric-à-brac des réseaux sociaux où notoriété et provocation font parfois bon ménage, Soukaina Glamour est incontestablement parvenue à se faire un nom et à monétiser son exposition publique.
Mais l’audience numérique ne constitue ni une immunité ni un passe-droit.
La justice devra désormais déterminer précisément les faits qui lui sont reprochés dans cette nouvelle affaire et les éventuelles responsabilités qui en découlent. Soukaina Glamour bénéficie, comme tout justiciable, de la présomption d’innocence concernant ces nouveaux faits.
Quelle peine risque Soukaina Glamour ?
Si les faits qui lui sont reprochés sont confirmés et si la justice retient notamment l’outrage public à la pudeur, Soukaina Glamour pourrait s’exposer aux sanctions prévues par le Code pénal marocain. L’article 483 punit l’outrage public à la pudeur commis par nudité volontaire ou obscénité des gestes ou des actes d’un emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 200 à 500 dirhams. La diffusion de la séquence sur les réseaux sociaux pourrait également conduire le parquet à examiner d’autres qualifications au regard du contenu exact de la vidéo et des circonstances de sa publication. Son passé judiciaire, notamment sa précédente condamnation dans l’affaire « Hamza mon bb », ne permet toutefois pas d’affirmer automatiquement qu’une peine déterminée lui sera appliquée : il appartiendra au parquet de retenir les infractions éventuelles et au tribunal de fixer la sanction, si les faits sont établis. En attendant, l’influenceuse reste présumée innocente dans cette nouvelle affaire.
Une chose est cependant déjà certaine : pour celle qui avait connu la prison dans l’affaire « Hamza mon bb », ce nouveau face-à-face avec la justice ressemble à un sérieux avertissement sur les limites que le buzz ne permet pas de franchir impunément.












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